Comparution de Gilbert Rozon, accusé de viol et d’attentat à la pudeur

Gilbert Rozon est accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des gestes qu’il aurait commis il y a 39 ans.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Gilbert Rozon est accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des gestes qu’il aurait commis il y a 39 ans.

Accusé de viol et d’attentat à la pudeur, Gilbert Rozon était absent à sa comparution mardi au palais de justice de Montréal. L’ancien magnat de l’humour a laissé son avocat le représenter à cette première audience.

M. Rozon est accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des gestes qu’il aurait commis il y a 39 ans, alors qu’il était âgé de 24 ans. Selon l’acte de dénonciation déposé en décembre dernier, les événements se seraient produits entre le 1er juin et le 21 septembre 1979 à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.

À ce stade-ci des procédures, M. Rozon n’avait pas à être lui-même sur place, il a donc choisi d’être représenté par son avocat, Pierre Poupart. Celui-ci était également représenté par une collègue. Rappelons que c’est Me Poupart qui a défendu M. Rozon en 1998 lorsqu’il a plaidé coupable à une accusation d’agression sexuelle sur une femme de 19 ans au Manoir Rouville-Campbell à Mont-Saint-Hilaire. M. Rozon avait ensuite obtenu une absolution inconditionnelle.

La comparution, qui a duré moins de cinq minutes, a permis de fixer la prochaine audience au 8 mars, ironiquement date de la Journée internationale des femmes. Lors de cette audience, l’accusé devrait annoncer le type de procès qu’il souhaite subir, soit devant juge seul ou devant jury.

« Normalement, la défense va étudier le dossier pour choisir quelle avenue elle souhaite envisager pour la suite de procédures [...] pour pouvoir par la suite répondre aux chefs d’accusation devant le forum approprié », a expliqué le procureur de la Couronne, Me Bruno Ménard.

Voyez le procureur Bruno Ménard expliquer les procédures dans le dossier Rozon

 

 

Le fondateur de Juste pour rire avait dû se présenter au poste de police le 8 janvier dernier pour fournir une photo et ses empreintes digitales en vertu de la Loi sur l’identification des criminels.

M. Rozon avait réagi aux accusations en décembre dernier dans une déclaration écrite en indiquant qu’il entend se défendre. « J’ai appris [...] le dépôt d’accusations à mon encontre concernant un dossier présumé datant d’il y a près de 40 ans. Je vais continuer à me défendre devant la justice et réserve tout commentaire pour cette instance », a-t-il écrit.

En décembre dernier, après plus d’un an d’enquête, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a confirmé avoir examiné les dossiers de 14 présumées victimes du fondateur de Juste pour rire à la suite de la vague de dénonciations découlant du mouvement #MoiAussi. Après trois jours à les rencontrer tour à tour, le DPCP avait annoncé à une seule d’entre elles que sa plainte été retenue.

La victime alléguée ne fait pas partie des neuf femmes qui avaient raconté au Devoir ainsi qu’au 98,5 FM avoir été victimes de harcèlement et d’agressions sexuelles de la part de Gilbert Rozon dans la foulée de #MoiAussi.

M. Rozon est également visé par une action collective intentée par les Courageuses, un groupe d’une vingtaine de présumées victimes. Celles-ci lui réclament 10 millions en dommages punitifs seulement. M. Rozon, qui réfute les allégations d’agressions et de harcèlement sexuels, a obtenu en août dernier le feu vert du plus haut tribunal de la province pour contester l’autorisation de cette action collective.