Mike Ward conteste en appel le versement de dommages punitifs à Jérémy Gabriel

Dans ses spectacles, Mike Ward affirmait que les gens étaient gentils avec «le petit Jérémy» parce qu’ils croyaient que le garçon allait mourir bientôt.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Dans ses spectacles, Mike Ward affirmait que les gens étaient gentils avec «le petit Jérémy» parce qu’ils croyaient que le garçon allait mourir bientôt.

L’avocat de l’humoriste Mike Ward, Julius Grey, a plaidé mercredi en Cour d’appel que les blagues sur Jérémy Gabriel n’étaient pas « discriminatoires » mais plutôt « offensantes », et que les propos offensants doivent être protégés dans une société libre et démocratique.

La Cour d’appel du Québec entendait mercredi les plaidoiries des avocats pour déterminer si l’humoriste qui s’est beaucoup moqué du garçon handicapé devrait lui verser des dommages punitifs.

Le Tribunal des droits de la personne du Québec a conclu en 2016 que Mike Ward avait tenu des propos discriminatoires sur le handicap de Jérémy Gabriel lors de spectacles entre 2010 et 2013. Le tribunal l’a condamné à verser en dommages-intérêts moraux et punitifs 35 000 $ au jeune Gabriel et 7000 $ à sa mère. L’humoriste conteste cette décision en Cour d’appel, et un comité de trois juges a entendu les plaidoiries mercredi.

Jérémy Gabriel est atteint du syndrome de Treacher Collins, une maladie congénitale caractérisée par des déformations du crâne et du visage. Il avait acquis une certaine notoriété au Québec lorsqu’il a chanté, à l’âge de neuf ans, pour le pape Benoît XVI à Rome en 2006.

Dans ses spectacles, Mike Ward affirmait que les gens étaient gentils avec « le petit Jérémy » parce qu’ils croyaient que le garçon allait mourir bientôt. Il a aussi dit à la blague qu’après avoir réalisé que le garçon n’allait pas mourir, il avait essayé de le noyer.

Julius Grey a plaidé mercredi que son client voulait se moquer du fait que parler en mal de Jérémy Gabriel était considéré comme un tabou dans la société.