Intoxication au monoxyde de carbone dans une école de LaSalle

Les pompiers ont mesuré un taux élevé de monoxyde de carbone dans la chaufferie de l’école primaire des Découvreurs.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les pompiers ont mesuré un taux élevé de monoxyde de carbone dans la chaufferie de l’école primaire des Découvreurs.

L’école primaire des Découvreurs, située dans l’arrondissement de LaSalle, à Montréal, a été évacuée lundi matin quand de nombreux élèves et des membres du personnel ont ressenti un malaise, vraisemblablement lié à une fuite de monoxyde de carbone causée par une défaillance du système de chauffage. Toutes les personnes incommodées sont dans un état stable, selon les autorités médicales.

Quarante-trois personnes, trente-cinq enfants et huit adultes, ont été prises en charge par l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’hôpital Sainte-Justine, l’hôpital Royal Victoria et l’hôpital du Sacré-Coeur.

« Les gens se plaignaient de maux de tête, de nausées, d’étourdissements et de faiblesse généralisée », explique Stéphane Smith, chef aux opérations chez Urgences-Santé. Ces symptômes correspondent exactement à l’intoxication par le monoxyde de carbone, souligne-t-il, sans pouvoir confirmer que ce gaz inodore et invisible soit bel et bien en cause. Les médecins pourront vérifier l’hypothèse grâce à des prises de sang.

Chose certaine, une forte concentration de monoxyde de carbone a été mesurée par les pompiers du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) à leur arrivée à l’école.

« On a constaté la présence de monoxyde de carbone dans des concentrations suffisantes pour causer des problèmes de santé », a déclaré au Devoir Éric Marcel, chef aux opérations au SIM. Les pompiers ont rapidement relié la présence de la substance dans l’air au système de chauffage au gaz naturel de l’école. Une défectuosité faisait en sorte que le combustible était mal brûlé et produisait les émanations toxiques.

Monoxyde de carbone

Des techniciens d’Énergir (ancien Gaz Métro) ont arrêté le système de chauffage et ont coupé l’alimentation en gaz naturel. L’entretien de la chaudière est cependant la responsabilité de l’école, Énergir n’étant qu’un distributeur. En après-midi, des plombiers ont été dépêchés sur place pour procéder aux réparations.

Dans la chaufferie, les pompiers ont mesuré un taux de monoxyde de carbone (CO) s’élevant à 900 parties par million (ppm). Dans le corridor, la concentration était de 175 ppm. « Dès 35 ppm, on procède à l’évacuation du bâtiment », spécifie Éric Martel.

Les effets du monoxyde de carbone sur l’organisme dépendent beaucoup du temps d’exposition. À l’hôpital Sacré-Coeur, dix patients ont eu de brefs traitements dans des chambres hyperbares — des caissons dont l’air contient seulement de l’oxygène et dont la pression est augmentée — afin de prévenir les séquelles tardives. Lundi, en soirée, au moins deux enfants avaient déjà obtenu leur congé de l’hôpital.

Peu après l’évacuation de l’école, les élèves ont été relocalisés dans le gymnase de l’école Notre-Dame-des-Rapides, à quelques pâtés de maisons. En fin d’après-midi, les enfants sortaient de ce refuge au compte-gouttes, à mesure que leurs parents venaient les chercher.

Selon Gina Guillemette, une porte-parole de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, de laquelle dépend l’école des Découvreurs, l’établissement disposait de détecteurs de monoxyde de carbone. Toutefois, ces appareils ne se sont pas déclenchés, et ce sont les symptômes des enfants qui ont convaincu la direction d’appeler le 911.

« Il y avait peut-être un défaut des détecteurs », souligne Mme Guillemette, qui reconnaît que la question devra être creusée.

Lundi, les pompiers ont procédé à la ventilation de l’école et à leur départ, vers 14 h 45, aucune trace de monoxyde de carbone n’y subsistait.

L’école des Découvreurs et son service de garde seront fermés mardi.