Litige entre Gilbert Rozon et Juste pour rire

Gilbert Rozon rejette la réclamation de 3,3 millions que lui a adressée l’entreprise qu’il avait fondée, Juste pour rire.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Gilbert Rozon rejette la réclamation de 3,3 millions que lui a adressée l’entreprise qu’il avait fondée, Juste pour rire.

Gilbert Rozon refuse de verser les 3,3 millions de dollars que lui réclament les nouveaux propriétaires du Groupe Juste pour rire, l’entreprise qu’il a fondée. Il vient de s’adresser à la Cour supérieure afin de régler le litige.

Le 13 septembre dernier, les gestionnaires du Groupe Juste pour rire avaient fait parvenir à Gilbert Rozon une réclamation totalisant 4,2 millions à titre d’indemnités pour les pertes encourues à la suite des allégations d’inconduites sexuelles portées contre l’ancien magnat de l’humour.

Le Groupe Juste pour rire, qui au printemps dernier est passé aux mains de l’agence ICM Partners et du comédien Howie Mandel, a réclamé 923 000 $ à Gilbert Rozon pour la perte de commandites et de subventions gouvernementales. L’entreprise a aussi exigé le versement d’un montant de 570 000 $ pour le retrait d’une commandite provenant des Producteurs de lait du Québec et 2,7 millions pour les dommages causés par la fin du contrat de production avec l’humoriste Rachid Badouri.

Dans leur requête, Gilbert Rozon et son ex-bras droit, Guylaine Lalonde, rejettent les réclamations relatives à la commandite des Producteurs de lait du Québec et au contrat avec Rachid Badouri. Ils font valoir que la fin de la commandite des Producteurs de lait du Québec n’est pas liée aux allégations d’inconduite visant M. Rozon et que le contrat devait se terminer de façon imminente.

Quant à la réclamation concernant Rachid Badouri, Gilbert Rozon et Guylaine Lalonde signalent que le contrat de l’humoriste ne permettait pas à celui-ci de mettre fin à ses obligations. Selon la requête, Les Productions Juste pour rire a conclu, en août dernier, de verser 250 000 $ afin de mettre fin au contrat avec Rachid Badouri.

« La perte liée à la décision d’affaires de conclure cette transaction ne peut être réclamée aux demandeurs puisqu’il aurait été possible pour la défenderesse de forcer par injonction le respect des obligations contractuelles de Rachid Badouri et de sa compagnie ou, à défaut, de réclamer l’ensemble des dommages causés par ce bris contractuel », font-ils valoir dans leur requête.

Gilbert Rozon et Guylaine Lalonde demandent donc à la Cour de déclarer mal fondées les deux réclamations.

Le Groupe Juste pour rire n’a pas souhaité commenter le litige vendredi.

Rappelons que des accusations de viol et d’attentat à la pudeur ont été portées contre Gilbert Rozon pour des gestes qu’il aurait commis il y a 39 ans, alors qu’il était âgé de 24 ans. Selon l’acte de dénonciation, les événements se seraient produits en 1979 à Saint-Sauveur, dans les Laurentides.

M. Rozon est également visé par une action collective intentée par un groupe de femmes, les « Courageuses », composé d’une vingtaine de présumées victimes. Celles-ci lui réclament 10 millions en dommages punitifs.

Gilbert Rozon avait vendu ses actions de Juste pour rire à la suite des révélations sur les allégations de harcèlement et d’agressions sexuels en octobre 2017. L’entreprise a par la suite été cédée à ICM Partners et Howie Mandel. En juin dernier, Bell Média et le Groupe CH sont devenus actionnaires majoritaires.