Trudeau veut rassurer les gilets jaunes canadiens

Les manifestants canadiens sont appelés à se réunir dans les populaires cafés Tim Hortons.  
Photo: Michael Bell La Presse canadienne Les manifestants canadiens sont appelés à se réunir dans les populaires cafés Tim Hortons.  

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, interrogé sur des menaces proférées à son encontre sur des forums de « gilets jaunes » canadiens, a appelé jeudi ses compatriotes à « s’écouter les uns les autres », promettant de « répondre à leurs peurs ».

En visite dans l’Ouest canadien depuis mardi, le chef libéral a été accueilli à plusieurs reprises par des manifestants portant le fameux gilet jaune fluorescent devenu le symbole d’une fronde sociale qui agite la France depuis deux mois et qui a désormais essaimé à l’étranger.

Plusieurs groupes de gilets jaunes ont été formés ces derniers jours au Canada sur Facebook, l’un d’eux comptant plus de 100 000 membres, avec des propos virulents contre M. Trudeau, tant pour la taxe carbone que pour sa défense du multiculturalisme et de l’immigration. Plusieurs membres de ces groupes y ont ouvertement menacé le premier ministre de violences, voire lancé des appels à le tuer.

Au Québec, le mouvement semble plus embryonnaire. Quelques pages de gilets jaunes ont fait leur apparition sur Facebook, comptant parfois des dizaines, voire des centaines de membres. La plus populaire de ces pages, « Gilets Jaunes du Québec (Libre) », regroupe 5780 membres.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a pour sa part dit « prendre toute menace contre le premier ministre très au sérieux ».

Interrogé au sujet de ces menaces, M. Trudeau a rappelé que le Canada était « un pays où les gens sont encouragés à parler ouvertement, à exprimer leurs opinions et préoccupations […] C’est l’une des forces de notre démocratie ».

« Si des gens sont en désaccord avec ce que je fais, ou [remettent en question] l’action du [gouvernement], je veux pouvoir les entendre. Je veux pouvoir échanger avec eux et discuter pour voir comment avancer ensemble », a-t-il déclaré, disant vouloir « répondre à leurs peurs, leurs préoccupations, leurs inquiétudes ».

Ces propos surviennent alors que des groupes de gilets jaunes canadiens ont appelé à une fin de semaine de mobilisation à travers le Canada les 12 et 13 janvier, évoquant un « acte I », en référence au vocabulaire adopté par les manifestants français.

Comme le Canada compte très peu de carrefours giratoires — lieux de prédilection des gilets jaunes français pour bloquer la circulation — et comme il fait particulièrement froid en janvier, les manifestants canadiens sont appelés à se réunir dans les populaires cafés Tim Hortons.

Avec Le Devoir