Ottawa envisage l’enlèvement de la Québécoise Edith Blais au Burkina Faso

Cette photo d’Edith Blais et de son ami Luca Tacchetto, lors de leur périple africain, fait partie des derniers clichés publiés sur Facebook.
Photo: La Presse canadienne Cette photo d’Edith Blais et de son ami Luca Tacchetto, lors de leur périple africain, fait partie des derniers clichés publiés sur Facebook.

La disparition au Burkina Faso de la Québécoise Edith Blais, dont la famille est sans nouvelles depuis maintenant trois semaines, serait considérée par le gouvernement canadien comme un enlèvement.

C’est du moins ce qu’ont rapporté plusieurs médias québécois dimanche, et c’est aussi une des raisons envisagées par la famille de la jeune Sherbrookoise recherchée.

Restant prudent dans ses communications, Affaires mondiales Canada a confirmé au Devoir être au courant de la disparition d’une citoyenne canadienne dans ce pays du nord-ouest de l’Afrique et assure que des « responsables canadiens au Burkina Faso sont en contact avec les autorités locales ».

« Nous ne commenterons et ne publierons aucune information susceptible de compromettre les efforts en cours et de mettre en danger la sécurité des citoyens canadiens », a toutefois précisé le porte-parole du ministère, Guillaume Bérubé.

Edith Blais, 34 ans, a communiqué pour la dernière fois avec sa famille le 13 décembre dernier et a publié sur Facebook des photos de son périple africain — effectué avec un ami italien, Luca Tacchetto, âgé de 30 ans — le 15 décembre. Depuis, silence radio. « Les communications entre les deux voyageurs et leurs familles respectives étaient très fréquentes et ont cessé abruptement », précisent les proches d’Edith Blais, sur une page Facebook créée spécifiquement pour la retrouver.

Le « duo de voyageurs chevronnés » était attendu avant Noël au Togo pour un projet humanitaire. Mais l’organisme Zion’Gaïa n’a jamais eu de leurs nouvelles. Ils n’auraient vraisemblablement jamais passé la frontière, ni même demandé de visa pour se rendre au Togo.

Aux dernières nouvelles, ils étaient encore au Burkina Faso et se dirigeaient vers Ouagadougou à partir de Bobo-Dioulasso — la deuxième ville du pays — pour y séjourner quelques jours et possiblement y vendre leur voiture. L’étape suivante devait être le Togo.

On a pu discuter [samedi] avec la ministre Bibeau et nous savons que les autorités burkinabées s’activent, en plus de l’aide de quelques personnes sur le terrain, au Burkina Faso. Plus on aura d’informations, mieux on pourra diriger les recherches.

Recherches actives

Après avoir alerté le gouvernement canadien de la disparition d’Edith Blais, sa famille a décidé de se lancer elle-même à sa recherche, critiquant le manque de nouvelles de la part d’Ottawa sur la situation.

La soeur aînée de la Sherbrookoise, Mélanie Blais, et sa mère, Jocelyne Bergeron, ont ainsi créé une page Facebook invitant toute personne l’ayant aperçue au Burkina Faso à se manifester pour les aider.

Alors que les médias ont commencé à davantage relayer l’histoire samedi, la famille a indiqué avoir enfin pu discuter avec la ministre fédérale du Développement international et députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, et être en contact avec le ministère des Affaires étrangères.

« On a pu discuter [samedi] avec la ministre Bibeau et nous savons que les autorités burkinabées s’activent, en plus de l’aide de quelques personnes sur le terrain, au Burkina Faso. Plus on aura d’informations, mieux on pourra diriger les recherches », peut-on lire sur la page Facebook.

Parmi les nombreux messages de soutien, Mélanie Blais et Jocelyne Bergeron ont aussi reçu des propositions d’aide et sont entrées en contact avec des personnes présentement au Burkina Faso. Considérant les informations récoltées, la famille envisage la thèse de l’enlèvement.

Voyage risqué

Sur son site Internet, le gouvernement canadien met en garde les voyageurs qui voudraient se rendre au Burkina Faso. Il y est conseillé « d’éviter tout voyage non essentiel » dans le pays, en raison « du risque de banditisme, d’enlèvement et de terrorisme », particulièrement aux frontières, que ce soit avec le Bénin, le Niger, le Mali ou le Togo.

« Des barrages routiers illégaux et des incidents de piraterie routière ont été signalés. Les bandits armés n’hésitent pas à tirer pour arrêter les véhicules afin de dévaliser leurs occupants », est-il précisé.