Rétrospective 2018 dans l’œil de Francis Vachon

De rencontres intimistes en événements électrisants, nos photographes ont sélectionné pour vous les meilleures photos de leur année. Aujourd’hui, les moments choisis de Francis Vachon.

1 Certains sujets sont parfois difficiles à illustrer en beauté, comme cet éventuel tracé du troisième lien à Québec, entre l’île d’Orléans et le nord de la capitale nationale. Mais voilà, parfois, le hasard fait bien les choses. « “Sérendipité” veut dire quelque chose comme “tomber sur l’extraordinaire”, explique le photographe Francis Vachon. Je me souviens, je cherchais un angle pour voir, d’un coup, l’île, la rive, le pont… Et l’arc-en-ciel est apparu. Le hasard aurait difficilement pu faire mieux. » Francis Vachon Le Devoir
2 Tout en hauteur et en profondeur, la scène principale des plaines d’Abraham du Festival d’été de Québec oblige, bien souvent, les photographes à mettre de côté leur grand-angle, cet objectif chouchou des concerts en plein air. Bien souvent, mais pas tout le temps, se rappelle Francis Vachon. « Le rappeur Lil Yachty, qui s’est produit au FEQ en juillet dernier, s’est avancé sur la scène, me surplombant de toute sa hauteur. Si j’avais tendu le bras, j’aurais sans doute pu le toucher. J’ai juste eu le temps de changer d’objectif ! » Francis Vachon Le Devoir
3 « Il y a des artistes qui semblent vouloir travailler contre les photographes, qui nous mettent des bâtons dans les roues… Et il y en a d’autres qui, au contraire, viennent à notre rencontre, facilitent notre travail, lance Francis Vachon un sourire dans la voix. C’est le cas de Zach Zoya ! » En spectacle au Festival d’été de Québec en juillet dernier, le jeune rappeur originaire de Rouyn-Noranda s’était alors approché de la foule, s’amusant avec le public et l’appareil du photographe. « Je n’ai pas eu grand-chose à faire ! Il a fait le travail pour moi. » Francis Vachon Le Devoir
4 Photographié en marge du Sommet du G7, à Charlevoix, en juin dernier, ce manifestant d’origine vietnamienne dénonçait, avec un groupe d’une centaine de personnes, la pollution produite par les industries chinoises au Vietnam. « Ce manifestant, seul au milieu d’un espace gigantesque, avec ses 200 camarades, avait des airs de général qui rallie ses troupes avant d’aller à la guerre, raconte le photographe. Ils étaient pourtant si peu dans le vide… J’ai voulu l’isoler dans l’immensité. » Francis Vachon Le Devoir
5 Certaines assignations sont plus difficiles que d’autres. C’était le cas de cette manifestation — somme toute « assez bon enfant » — en soutien aux victimes du Séminaire des Pères maristes à Québec. « Il fallait qu’on puisse voir des jeunes sans être capable de les identifier, explique Francis Vachon. La photo aurait pu être banale, mais le regard suspicieux de la dame à droite m’a permis de capter l’essence de l’événement. Ce sont des yeux qui disent tout. » Francis Vachon Le Devoir