Les locataires réclament des pouvoirs accrus pour la Régie du logement

Estimant que certains propriétaires adoptent des «pratiques abusives et discriminatoires» lors de la sélection de leurs locataires, les comités logement demandent que les pouvoirs de la Régie du logement soient étendus au processus de location.

Le Regroupement des comités logement et associations de locataires (RCLALQ) a formulé cette revendication lors d'une opération appelée Caravane contre la discrimination, qui a amené hier près d'une centaine de manifestants tour à tour devant des immeubles à logements en mauvais état, la résidence d'un propriétaire à Laval et le bureau de la députée de Fabre et ministre des Relations avec les citoyens, Michelle Courchesne. Une manifestation similaire a eu lieu à Québec.

Un locataire qui croit être victime de discrimination peut porter plainte devant la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), alors que celui de qui on exige un trop grand nombre de renseignements personnels peut s'adresser à la Commission d'accès à l'information (CAI). «Les délais sont longs, la discrimination est difficile à prouver et cela ne garantit pas l'accessibilité à un logement», fait valoir Anne-Françoise Jacques, du RCLALQ.

Pour dénoncer la collecte de renseignements personnels «abusive», la «caravane» s'est arrêtée hier devant la maison personnelle d'un membre du conseil d'administration de la Ligue des propriétaires de Montréal, Sam Bustros, qui exigerait des aspirants locataires leurs numéros d'assurance sociale, de permis de conduire et de compte bancaire, ainsi que le nom de l'émetteur de leur carte de crédit.

À la Ligue des propriétaires, on juge les locataires un peu prompts à la dénonciation. «Ils disent que, quand on choisit quelqu'un qui a de meilleurs revenus, on fait de la discrimination», observe le président, Pierre Aubry. Depuis 25 ans, la Ligue fournit à ses membres un formulaire type où on demande le numéro d'assurance sociale, le nom de l'employeur ou les coordonnées du propriétaire actuel. «On essaie de s'en tenir aux informations pertinentes pour être en mesure de faire des enquêtes de crédit», note M. Aubry.

À la CAI, on fait valoir que les numéros d'assurance sociale, de permis de conduire et de carte d'assurance-maladie ne sont pas nécessaires pour que soient effectuées des enquêtes de crédit et qu'ils ne devraient pas être exigés.

Selon les comités logement, certains propriétaires pratiquent une discrimination de façon détournée à l'égard des familles et des personnes issues des communautés culturelles.

Devant les immeubles de Place L'Acadie, où les coquerelles et la vermine sortent des murs rongés par la moisissure, une Congolaise, Jacqueline Bwebwe, qui habite un six et demi avec ses huit enfants, a expliqué que son propriétaire avait refusé son chèque de 845 $ le mois dernier, accusant ses enfants d'avoir détérioré l'immeuble. «Je me prive de beaucoup de choses pour payer mon loyer. Ils lancent de fausses accusations. Si des noirs font des attroupements, ils accusent aussitôt mes enfants. S'ils me jettent dehors, parce que je suis immigrante, ce sera difficile de me reloger», affirme Mme Bwebwe, dont le propriétaire a finalement accepté le loyer le mois dernier.
3 commentaires
  • michel nicodeme/quenon - Inscrit 13 mai 2004 14 h 19

    propriétaire raçicte

    Mesdames,messieurs.

    Ssuite à ce que je vientsde lire dans votre doccument; je constate que dans votre pays réputé accueillant, le racisme devient malheureusement de plus en plus fréquent.
    Des propriétaires en profite et mettent tout en oeuvre pour se remplir les poches sans
    penser aux bien-être et a la santé de leurs locataires. Ce que je trouve répugnant.
    De tels propriétaires devraient être condamnés par la cour. Et se pour conduite et abus raciste.

    michel de belgique:/un amis de la justice.

  • Olivier Girard - Inscrit 13 mai 2004 19 h 51

    Les coûts de logement sont trop élevés

    Un propriétaire ne devrait pas faire payer les coûts du stationnement pour les réparations si le locataire n'a pas d'automobile. Il fait payer les frais de réparation du stationnement même si nous n'avons pas d'auto et je trouve ça injuste. Les frais de réparation du stationnement devrait être chargé seulement au locataire qui a un automobile. L'augmentation des logements est trop chèr présentement et la régie du logement ne fait plus rien pour frainer les augmentation injustifié envers les locataires.

  • Fanie Charron - Inscrite 7 janvier 2008 21 h 13

    Quand on n'a qu'une seule version de l'histoire...

    Je suis offusquée de tous ces gens qui crient au racisme et qui veulent que les gens pleurent sur leur dos parce qu'ils ont des enfants. Vous n'avez ici qu'une seule partie de l'histoire. J'ai travaillé pour un propriétaire qui avait des blocs à coquerelles, comme on dit et je plaignais vraiment les locataires. Mais plusieurs n'étaient pas correct et endommageaient les blocs et les mères refusaient de reconnaitre que c'était leurs enfants, même avec preuve vidéo. La plupart payaient leur loyer à la fin du mois et plusieurs accumulaient chèque NSF sur chèque NSF. Ça va dans les deux sens. D'un côté, les propriétaires refusent de faire les réparations nécessaires dans les blocs et de l'autre, les locataires paient mal ou pas leur loyer, ce qui encoure de grosses pertes pour les proprio qui n'ont pas l'argent pour rénover... Tout un cercle vicieux...