Les Fondations communautaires se réunissent à Québec

Longtemps l'apanage des anglophones, la philanthropie prend de plus en plus son envol au Québec, notamment avec la création de cinq Fondations communautaires (FC) depuis 10 ans. Pour marquer cette avancée, les Fondations communautaires du Canada ont choisi la Vieille capitale pour tenir leur conférence bisannuelle, qui s'ouvre aujourd'hui.

Au cours des assises nationales qui se tiennent à Québec jusqu'à samedi, quelque 500 participants, dont plusieurs viennent de l'étranger, où le mouvement commence à s'étendre, discuteront des bons coups et des leçons à tirer des expériences vécues dans les différentes fondations.

Grâce aux intérêts réalisés sur un actif de 1,8 milliard de dollars, les 139 Fondations communautaires du Canada ont pu distribuer l'an dernier 95 millions en subventions pour améliorer la qualité de vie des collectivités. Contrairement à d'autres fondations, les capitaux des FC ne sont jamais entamés, seuls les intérêts étant utilisés.

Une personne ou un organisme qui souhaite investir un minimum de 10 000 $ peut former un fonds de dotation au sein d'une formation communautaire et identifier les causes qu'il souhaite soutenir. «Les experts disent qu'il faut au moins cinq millions pour lancer une fondation privée, ce n'est pas à la portée de tous les mortels. C'est beaucoup plus simple par le biais d'une fondation communautaire», explique l'ancien éditeur du Soleil, Gilbert Lacasse, qui est membre du conseil d'administration des Fondations communautaires du Canada.

Sorte de «fondation de fondations», les FC simplifient la vie des philanthropes en prenant en charge les formalités telles que l'administration, le secrétariat, les comités de placement ou les démarches juridiques. «Cela nous permet de faire d'importantes économies d'échelle. C'est tout le plaisir de la philanthropie, sans les tracas», résume Kathleen Weil, directrice de la Fondation de Montréal, créée en 1999 et qui compte maintenant un actif de 33 millions.

La formule, inventée à Cleveland en 1914, a été implantée pour la première fois au Canada en 1921, à Winnipeg. Le train a mis du temps à gagner la Belle Province: «On dit souvent que les Québécois, à travers leur histoire, se sont fiés à l'Église, puis à l'État-providence. À une époque, aussi, ils étaient moins riches, mais depuis une quarantaine d'années, on a vu apparaître une génération de gens qui ont prospéré et qui souhaitent réinvestir dans la communauté», note Gilbert Lacasse.

Il croit que le mouvement est appelé à prendre de l'ampleur: avec le vieillissement de la population, l'Occident connaîtra «un transfert de richesse intergénérationnel colossal. On peut penser qu'une partie va aller dans la charité», croit M. Lacasse.