2018 dans l’oeil de Marie-France Coallier

De rencontres intimistes en événements électrisants, nos photographes ont sélectionné pour vous les meilleures photos de leur année. Aujourd'hui, les moments choisis de Marie-France Coallier.

1 Richard Séguin | La salle était bondée. Journalistes, photographes et caméramans étaient rassemblés pour écouter le nouvel opus de Richard Séguin, «Retour à Walden — Sur les pas de Thoreau». Pendant quelques petites minutes, Marie-France Coallier réussit à prendre le chanteur à part. Elle lui propose alors de se placer devant la magnifique affiche représentant la pochette de son album. « Je lui ai demandé de regarder vers le haut. La lumière était exceptionnelle, puisqu’elle venait d’un puits de lumière », se souvient la photographe. Le résultat est une composition aux accents mystiques dans laquelle on ne sait trop si c’est le ciel qui vient à Richard Séguin ou si c’est le chanteur qui est aspiré vers la lumière. Marie-France Coallier Le Devoir
2 Robert Lepage et Betty Bonifassi | Cette photo a été prise bien avant que la controverse entourant «SLAV» n’éclate. Mais elle illustre à merveille l’unité dont on fait preuve Robert Lepage et Betty Bonifassi lorsque tout s’est effondré ; les accusations d’appropriation culturelle menant à l’annulation des représentations du spectacle. « Ils sont assis sur un banc de piano, mais on a l’impression qu’ils flottent », souligne Marie-France Coallier. Blottis l’un contre l’autre, les deux créateurs s’enlacent, dans une symbiose réconfortante, le regard franc, prêts à faire face à une tempête qui est sur le point d’éclater. Marie-France Coallier Le Devoir
3 Fred Pellerin | Marie-France Coallier avait déjà croqué le visage de Fred Pellerin dans un portrait dont elle n’était pas peu fière. La barre était donc haute pour cette seconde rencontre. Après avoir pris quelques clichés, la photographe suggère au chanteur d’illustrer son album avec ses mains. « Et la magie est soudainement réapparue », se rappelle-t-elle. À travers les mains de Fred Pellerin, on devine la petite porte, celle-là même qu’il évoque dans le mot d’introduction de son album «Après» : «Après, c’est une petite porte installée dans le mur de la fin. La possibilité d’un passage sur le grand recommencement.» Marie-France Coallier Le Devoir
4 L’organisme Open Door | Pendant trente ans, l’organisme Open Door a eu pignon sur rue dans une église anglicane de Westmount. Avant que le centre venant en aide aux sans-abri ne déménage sur le Plateau Mont-Royal, Marie-France Coallier est allée immortaliser quelques derniers moments, dont cet instant d’humanité et de tendresse entre le directeur David Chapman et une itinérante, Solange Annanack. «J’ai senti beaucoup d’acceptation, d’amour et de tolérance dans cet organisme, comme si tous les bénéficiaires se sentaient vraiment chez eux, en étant acceptés et soutenus», note Marie-France Coallier. Marie-France Coallier Le Devoir
5 Marie Darsigny | La poétesse est-elle devenue elle-même poésie? L’espace d’un cliché, Marie Darsigny s’est muée en délicatesse, romance et mouvement. Pour réaliser ce portrait, Marie-France Coallier a exploré une composition avec en toile de fond une sculpture composée d’une porte ouverte. «Je lui ai demandé de s’appuyer sur cette porte inclinée, elle a basculé sa tête et au même moment, il y a eu un coup de vent qui a fait virevolter ses cheveux», se rappelle la photographe. Un souffle qui a apporté fragilité au cliché. Marie-France Coallier Le Devoir