Ado noyé: la famille dépose une poursuite de 1,5 million

La mère du jeune Blessing Moukoko, Evelyne Mavoungou-Tsonga, subit toujours un profond choc post-traumatique pour lequel elle a été transportée à plusieurs reprises à l’hôpital.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La mère du jeune Blessing Moukoko, Evelyne Mavoungou-Tsonga, subit toujours un profond choc post-traumatique pour lequel elle a été transportée à plusieurs reprises à l’hôpital.

La famille du jeune Blessing Claudevy Moukoko, cet adolescent retrouvé mort noyé dans la piscine de son école secondaire en février dernier, a déposé officiellement vendredi une poursuite de 1,5 million de dollars à l’endroit de la Ville de Montréal et de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

Portée par treize demandeurs distincts, dont les parents, mais aussi plusieurs membres de la famille et amis proches du défunt, la poursuite civile a été déposée au greffe du Palais de justice de Montréal par l’avocat Jean-Pierre Ménard du cabinet Ménard Martin. Elle reproche notamment aux deux institutions leur négligence dans ce dossier, soulignant à maintes reprises que le décès de Blessing, survenu lors d’un cours d’éducation physique, était « évitable ».

Les demandeurs « vivent [tous] avec la conviction que Blessing serait vivant n’eût été la négligence des Défenderesses », peut-on lire à de nombreuses reprises dans le document d’une quinzaine de pages.

La famille estime en effet que la CSDM a failli à son devoir en attribuant à un enseignant qui n’avait pas les compétences requises la responsabilité du cours de natation. Elle croit également que les préposés mandatés par la commission scolaire pour surveiller le cours ont négligé d’assurer la sécurité de Blessing, notamment en n’effectuant pas les vérifications nécessaires afin de s’assurer qu’il ne restait aucun élève sous l’eau et en n’ayant aucune réaction à son absence à la fin du cours.

On reproche également à la commission scolaire d’avoir omis de faire les vérifications nécessaires quant aux aptitudes de nage des élèves, en négligeant la surveillance des élèves, tant durant le cours qu’à la fin de la période de classe.

Dans le cas de la Ville de Montréal, il lui est reproché d’avoir assigné des employés à la piscine qui ont fait défaut d’assurer la surveillance et la sécurité de l’adolescent de 14 ans.

Manque de surveillance

Rappelons que le coroner lui-même a indiqué, en novembre dernier, que c’est le manque de surveillance qui a coûté la vie au jeune garçon, ce dernier ayant passé près de 40 minutes sous l’eau dans la piscine du centre Père-Marquette, adjacent à l’école Père-Marquette située dans le quartier montréalais La Petite-Patrie.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales a, pour sa part, confirmé qu’aucune accusation criminelle ne sera portée dans ce dossier.

La poursuite fait également état du chagrin qui accable les membres de la famille et les proches de Blessing depuis sa mort. Sa mère a notamment subi et subit toujours un profond choc post-traumatique, pour lequel elle a été transportée à plusieurs reprises à l’hôpital, et elle a dû cesser toute activité en lien avec son entreprise alimentaire qu’elle venait de lancer.

Son père est en arrêt de travail depuis le drame, alors que son frère Best Devy a dû recommencer sa deuxième année de cégep, étant trop affecté pour aller à l’école.

Ce sont tous ces contrecoups qui expliquent, selon Me Jean-Pierre Ménard, l’avocat de la famille, l’ampleur de la réclamation exigée à la Ville et à la CSDM. « [Elle] est chiffrée à 1,5 million en tenant compte des faits particuliers de ce dossier. D’abord, il y a 13 demandeurs, qui font partie de la famille proche qui a été affectée par la perte de Blessing.

Ce montant prend également en compte les importants dommages psychologiques subis par les parents de Blessing de même que leurs importantes pertes de revenus en raison du travail manqué », a expliqué celui-ci dans un courriel.