Mazda6 Wagon - Un autre as dans la manche de Mazda?

Une allure moderne, un prix raisonnable et un comportement routier intéressant ne sont pas des atouts suffisants pour une berline qui désire surclasser ses concurrents. C'est pourquoi Mazda ajoute cette année deux versions à sa nouvelle Mazda6: une familiale et une hatchback, pour reprendre l'appellation populaire.

Tandis que cette nouvelle voiture n'affiche pas vraiment de différences majeures sur sa fiche technique, par comparaison à la berline que l'on connaît déjà, la familiale présente un ou deux détails qu'il est bon de connaître. D'abord, le moteur quatre cylindres de 160 chevaux des deux autres déclinaisons de cette voiture intermédiaire n'est pas offert sur la familiale. Seul le V6, qui est heureusement mieux adapté à la traction d'un véhicule d'un certain poids, peut devenir une familiale chargée à plein.

Son prix de détail est également un peu plus élevé, à 27 000 $ pour sa version la plus abordable. La Mazda6 Sport (cinq portes) est quant à elle légèrement plus onéreuse que la berline dont elle est l'héritière, l'affaire de quelques centaines de dollars sur la plupart des livrées.

Ironiquement, le constructeur japonais a décidé de baptiser ces deux nouvelles entrées Mazda6 Sport et Mazda6 Sport Wagon.

Sport?

Il faut dire qu'à regarder ce qu'offrent les autres fabricants d'automobiles, la familiale et la voiture à hayon sont deux modèles dont l'histoire pourrait pratiquement être racontée par des archéologues. Depuis quelques années, on préfère vendre des utilitaires sportifs ou, comme on dit couramment, des «sport-utilitaires».

Hé oui, c'est une question d'image. Mentez-vous à vous-même, conduisez une familiale en pensant qu'il s'agit d'un véhicule à caractère sportif et faites votre chèque au nom de votre psy préféré! Remarquez, ça pourrait être pire, on pourrait essayer de vous convaincre que votre véhicule utilitaire sportif peut réellement faire du hors-route...

À moins que le sport ne soit l'activité à laquelle vous mène le véhicule que vous conduisez. Auquel cas votre humble serviteur fait son mea culpa et saisit mieux l'utilité d'un grand coffre, chose qui est apparente sur la Sport Wagon, la familiale. Si on jette un coup d'oeil aux chiffres d'un concurrent choisi au hasard, disons, une Volvo V70 (c'est qu'il n'y a pas vraiment beaucoup de concurrents), on s'aperçoit par contre que l'espace derrière la banquette n'est pas le plus volumineux. Ce qui ne vous empêchera pas d'y loger facilement un vélo de montagne (conseil: démontez la roue avant) ou une batterie de valises de voyage sans aucun problème.

Notez au passage que Mazda a conservé la même suspension, à l'arrière, sur les trois modèles de Mazda6. Autrement dit, l'ensemble classique à multibras avec barre stabilisatrice procure les mêmes réactions brèves mais intenses à tous les coups, si ce n'est qu'elle est légèrement moins bien assise dans le cas de la familiale. Elle valse un peu plus librement, dans ce cas. Puisqu'il s'agit d'une traction, la Sport Wagon est évidemment beaucoup plus légère à l'arrière, ce qui crée un déséquilibre dans la distribution du poids. Ceci explique cela, quoi.

Disons qu'au chapitre de la conduite, la familiale japonaise n'a pas le même panache que la Dodge Magnum. Elle se comparerait davantage aux familiales de Subaru, la traction intégrale en moins. La Magnum étant conçue uniquement en format familial (malgré le lien de parenté qu'elle a avec la Chrysler 300, une berline), son comportement est mieux réglé, notamment en courbe.

Par contre, la visibilité est meilleure au volant de la Mazda et le confort y est à notre avis supérieur, malgré le fait que l'espace disponible pour les occupants soit légèrement inférieur dans cette dernière. Elle offre un compromis plus qu'intéressant, compte tenu du fait que le véhicule est plus petit et plus économique à long terme sur le plan de la consommation d'essence.

Mais voilà. Tandis qu'il y a à peine quelques mois les familiales étaient surtout l'affaire des vendeurs de voitures usagées, l'intérêt pour ces véhicules renaît soudainement. Non seulement cette tendance fera-t-elle aussi plaisir à Volvo et Volkswagen, mais, espérons-le, elle révisera à la baisse la popularité des utilitaires sportifs, qui sont généralement, après tout, un danger sur roues, si l'on se fie aux essais annuels de l'Institut américain de la sécurité routière (IIHS).