Vigile citoyenne après la démolition de la maison Boileau à Chambly

En 2016, la Ville avait acquis la maison et s’était engagée à la rénover pour en faire un bureau d’information touristique.
Photo: Raymond Ostiguy La Presse canadienne En 2016, la Ville avait acquis la maison et s’était engagée à la rénover pour en faire un bureau d’information touristique.

Des citoyens de Chambly ont tenu une vigile, samedi soir, devant le site où se trouvait la résidence René-Boileau et ils ont ensuite convergé vers l’hôtel de ville où plusieurs ont livré des discours.
 

Le bâtiment patrimonial a été rasé, cette semaine, par la municipalité qui invoquait des enjeux de sécurité.

En 2016, la Ville de Chambly avait pourtant acquis la maison et s’était engagée à la rénover pour en faire un bureau d’information touristique.
 

Le chef cuisinier Ricardo L’arrivée faisait partie des tribuns samedi soir, il a dénoncé la destruction de ce bâtiment historique, qu’il a d’ailleurs déjà habitée :
 

« À chaque fois, on dirait qu’on n’apprend pas, il faut qu’aujourd’hui soit une date pour le Québec. Chambly, cette horreur-là, ce haut-le-coeur-là, il faut que ça serve à protéger les autres municipalités et je crois que le gouvernement sera à l’écoute, car je sais que cette décision a écoeuré beaucoup de monde, jusqu’au premier ministre » a-t-il lancé sous les applaudissements de plusieurs citoyens. Le chef cuisinier, qui dit avoir fait rénover plusieurs maisons historiques à Chambly, a par ailleurs demandé la main de sa femme à l’intérieur de la résidence René-Boileau il y a plusieurs années.
 

Le rassemblement était organisé par Les Amis de la maison René-Boileau.
 

« Il faut que la disparition de la maison Boileau serve à quelque chose », a aussi déclaré l’historienne Louise Chevrier, qui milite avec Les Amis de la maison René-Boileau.
 

Pour Mme Chevrier, la démolition de la résidence Boileau prouve qu’il est nécessaire de créer au Québec « un commissaire au Patrimoine », voire même « un ministère du Patrimoine ».
 

C’est le directeur général de la ville, Michel Larose, qui a personnellement pris la décision de démolir la maison après avoir pris connaissance des rapports d’ingénieurs indiquant que l’édifice « tenait de peur », selon son expression.
 

En 2016, la Ville de Chambly voulait démolir la propriété, qui avait été abandonnée par ses propriétaires parce qu’elle n’était plus habitable en raison de moisissures et d’un risque d’effondrement. Or, devant la protestation citoyenne, la Ville avait acquis la maison et s’était engagée à la rénover pour en faire un bureau d’information touristique.
 

La municipalité avait payé 550 000 $ pour l’achat de la propriété en septembre 2016.
 

Sauf qu’entre-temps, une entreprise a été appelée à poser des supports pour maintenir le bâtiment en place et l’entrepreneur aurait alors découvert, en dénudant l’intérieur, que la maison représentait un risque de sécurité trop élevé, selon M. Larose, qui a alors pris la décision de la démolir.
 

« On fait les vérificationscôté légal, réglementaire, et on s’aperçoit que la ville n’a pas procédé de la bonne façon », a avancé Christian Picard, candidat du Parti québécois dans la circonscription de Chambly aux dernières élections.
 

M. Picard s’est fait appréhender pour méfait en tentant d’empêcher la démoltion de la maison.
 

La maison, bâtie vers 1820, avait été érigée par René Boileau, qui fut député de Kent de 1792 à 1796 à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada pour le Parti canadien, qui allait devenir le Parti patriote en 1826.
 

Son fils, un notaire aussi appelé René Boileau, y avait tenu de nombreuses assemblées politiques réunissant des patriotes et sa fille, Émilie Boileau, était mariée à l’un des leaders du soulèvement de 1837, le docteur Timothée Kimber.