Doug Ford désavoué par sa seule députée franco-ontarienne

À l’instar du premier ministre Legault, la députée conservatrice Amanda Simard dit avoir demandé à son chef, Doug Ford, de «reconsidérer ces mesures».
Photo: Chris Young La Presse canadienne À l’instar du premier ministre Legault, la députée conservatrice Amanda Simard dit avoir demandé à son chef, Doug Ford, de «reconsidérer ces mesures».

La grogne contre les coupes du gouvernement Ford dans les services aux francophones a gagné le caucus conservateur : Amanda Simard, adjointe parlementaire de la ministre déléguée aux Affaires francophones, a dénoncé mercredi soir les mesures de son propre gouvernement.

Seule députée franco-ontarienne conservatrice, Mme Simard avait laissé percevoir son malaise dès l’annonce des coupes, jeudi dernier. Mais la lettre qu’elle a publiée sur Facebook mercredi ne laisse place à aucune ambiguïté. « J’ai lu quelque part que la députée Simard était “peut-être” fâchée. Faux. Je suis “absolument” fâchée », écrit-elle.

Élue dans Glengarry–Prescott–Russell, près de la frontière québécoise, l’adjointe parlementaire de la ministre Caroline Mulroney indique que « les décisions prises la semaine dernière [la] déçoivent énormément. Je partage cette déception et frustration aujourd’hui, ayant dans un premier temps oeuvré à l’interne autant que possible pour faire renverser ces décisions. »

À l’instar du premier ministre Legault, elle dit avoir demandé à son chef, Doug Ford, de « reconsidérer ces mesures ». L’énoncé économique d’automne du gouvernement conservateur a aboli le Commissariat aux services en français (dont les fonctions seront transférées à l’Ombudsman) tout en annulant le projet de création d’une université francophone à Toronto.

On apprenait aussi mercredi qu’un organisme culturel, La Nouvelle Scène Gilles Desjardins, s’est vu retirer par la même occasion un financement de 2,9 millions promis par le précédent gouvernement. « Dans la foulée des compressions envers la francophonie ontarienne, nous ne sommes pas surpris du retrait de la promesse d’investissement », a réagi la directrice générale dans un communiqué.

Dans sa missive, Amanda Simard écrit qu’elle n’a été avertie des décisions que « quelques minutes avant les annonces officielles ». En rappelant la solidité de son ancrage francophone, elle explique qu’il n’a jamais été question pour elle « d’appuyer ces mesures ». « Vous avez une alliée en moi, et je ne vais jamais vous laisser tomber. »

Mme Simard n’évoque pas une démission, mais dit qu’il faut « évaluer où nous en sommes, et ce que nous pouvons et devons faire ». L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), principal porte-parole des Franco-Ontariens, a rapidement salué « le courage et la détermination de la députée ».

Au-delà de son cas, le dossier a continué de susciter de nombreuses réactions et appels à la mobilisation, mercredi. Quatre sénateurs francophones hors Québec ont notamment publié une lettre ouverte pour demander un « front commun pour la pérennité des communautés de langues officielles ».