Les navires portugais arraisonnés continuent leur pêche

Saint-Jean, Terre-Neuve. — Les navires étrangers soupçonnés par le Canada de pêcher des espèces protégées aux extrémités des Grands Bancs de Terre-Neuve pêchaient en eaux plus profondes hier, en attendant une réponse du Portugal à une requête canadienne.

Cinq navires étrangers ont été arraisonnés mardi mais les inspecteurs n'ont trouvé des preuves d'irrégularités que sur deux d'entre eux: l'Aveirense et le Brites, deux navires portugais.

L'Aveirense est accusé d'avoir pêché des espèces protégées et de ne pas avoir attendu 30 minutes avant de retirer ses filets après avoir été informé de la visite des inspecteurs canadiens. L'autre bateau, le Brites, a coupé ses filets avant l'arrivée des inspecteurs.

Le Canada a demandé au Portugal que l'Aveirense, un bateau-usine, soit conduit à quai pour pousser l'inspection plus loin. Lisbonne nie toute irrégularité et n'a pas encore répondu à la requête.

Nouvelle entente

En vertu d'une nouvelle entente internationale en vigueur depuis janvier dernier, les autorités canadiennes peuvent inspecter des navires soupçonnés de pêcher illégalement, même à l'extérieur de la zone économique du Canada.

Toutefois, le Canada ne peut unilatéralement amener un navire à quai pour l'inspecter. Le Portugal pourrait tout aussi bien décider de rappeler l'Aveirense dans ses eaux territoriales.

Hier, les autorités canadiennes ont retrouvé les filets coupés du Brites et devaient les ramener à Saint-Jean pour les examiner.

«Cela renforce nos allégations de pêche illégale», a affirmé un porte-parole du ministre fédéral des Pêches, Geoff Regan.

Mais le Portugal soutient que des inspecteurs européens dépêchés sur les lieux n'ont rien trouvé d'illégal. Le secrétaire d'État aux Pêches, Luis Frazao Gomes, a dit avoir reçu un rapport des inspecteurs européens tard jeudi qui blanchit l'Aveirense.

De son côté, l'ambassadeur du Portugal au Canada a affirmé hier que l'incident était clos.

Selon les règles de l'Organisation des pêches de l'Atlantique Nord-Ouest, si une infraction n'est pas confirmée par les inspecteurs des deux parties, «il n'y a pas d'incident».

Mais les responsables continuent d'affirmer qu'ils peuvent prouver par des photos et des images vidéo que l'Aveirense a jeté des éléments de preuve par-dessus bord.

L'Aveirense a passé presque toute l'année 2003 dans les Grands Bancs, pour y retourner en février dernier. Les inspecteurs canadiens sont montés à bord à trois reprises depuis. Le navire avait été accusé de pêche illégale en 2000 et 2001.

Les récents événements font penser à certains qu'ils ne sont pas étrangers à une campagne électorale fédérale qui pourrait être déclenchée d'une semaine à l'autre.