Attentat de Flint: le Montréalais Amor Ftouhi reconnu coupable

Un agent du FBI montre la photo du suspect montréalais Amor Ftouhi lors d'une conférence en juin 2017 faisant suite à l'attaque au poignard contre un policier du Michigan.
Photo: Paul Sancya Archives Associated Press Un agent du FBI montre la photo du suspect montréalais Amor Ftouhi lors d'une conférence en juin 2017 faisant suite à l'attaque au poignard contre un policier du Michigan.

Le Montréalais qui aurait déclaré aux enquêteurs que sa « mission était de tuer et d’être tué » a été reconnu coupable de crimes liés au terrorisme mardi pour avoir poignardé un policier dans un aéroport du Michigan en juin 2017.

Amor Ftouhi, âgé de 53 ans, a été reconnu coupable de trois crimes. Originaire de la Tunisie, il vivait à Montréal lorsqu’il a décidé de se rendre aux États-Unis.

Les procureurs fédéraux n’ont pas eu beaucoup de mal à convaincre les jurés : des témoins avaient vu Amor Ftouhi attaquer le lieutenant Jeff Neville à l’aéroport de Flint en juin 2017. « Ce n’est pas un mystère : il a été pris sur le fait, un couteau à la main », a déclaré aux jurés la procureure adjointe Cathleen Corken.

Selon les enquêteurs, l’homme voulait poignarder l’agent Neville, prendre son arme et commencer à tirer sur des gens dans l’aérogare. Il était entré aux États-Unis de façon tout à fait régulière à Champlain, dans l’État de New York, puis était arrivé à Flint cinq jours plus tard. Il avait essayé, sans succès, d’acheter une arme à feu lors d’une exposition, et il a plutôt acheté un grand couteau.

Des témoins ont déclaré qu’il avait crié « Allahou akbar » (Dieu est grand) pendant l’agression. L’agent Neville, poignardé à la nuque, a survécu, mais il a perdu toute sensation dans une partie de son visage.

Un moyen de partir

 

Dans une note manuscrite adressée à sa femme et retrouvée dans son appartement, Amor Ftouhi écrivait : « C’est pour cela qu’un musulman est né. »

L’agent Shadi Elreda, de la police fédérale américaine (FBI), a raconté aux jurés que, dans un entretien avec le suspect après son arrestation, celui-ci était mécontent que l’agent Neville ait survécu. « Sa mission était de tuer et d’être tué : il soutenait que sa mission n’était pas terminée », a déclaré l’agent Elreda.

Les avocats de M. Ftouhi n’avaient pas fait de déclaration préalable au début du procès et ils n’ont appelé aucun témoin à la barre.

Dans ses plaidoiries finales, l’avocate Joan Morgan a plaidé que son client était instable et estimait qu’il avait plus de chances d’être tué par la police aux États-Unis qu’au Canada. « Il cherchait assurément un moyen de partir », a-t-elle dit.

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