Un rattrapage salarial nécessaire

Adil Boukind Collaboration spéciale
Les infirmières et les enseignants du Québec sont les moins bien rémunérés de leurs corps de métier à travers le pays. 
Photo: Unsplash Les infirmières et les enseignants du Québec sont les moins bien rémunérés de leurs corps de métier à travers le pays. 

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

À l’approche de la rentrée parlementaire, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui représente près de 200 000 personnes, demande des hausses salariales au sein des services publics, en particulier pour les infirmières du Québec et le corps enseignant.

Les infirmières et les enseignants du Québec sont les moins bien rémunérés de leurs corps de métier à travers le pays, selon une étude menée en 2015 par Statistique Canada sur les salaires annuels des différents métiers et industries et tenant compte du pouvoir d’achat.

En éducation, les salaires des Québécois sont en moyenne 20 % plus bas que la moyenne du pays. Un enseignant en début de carrière gagnera environ 42 000 $ au Québec contre 51 000 $ en Ontario. L’écart se creuse encore plus en fin de carrière, alors que les salaires sont respectivement de 75 000 $ et de 94 000 $. Cette différence salariale provoque ainsi un retard dans le pouvoir d’achat de 9 % des enseignants du Québec par rapport à la moyenne canadienne. Elle est encore plus marquée chez les infirmières, dont le salaire proposé au Québec est de 22 % plus bas que la moyenne canadienne, provoquant ainsi un retard du pouvoir d’achat de 12 %.

« Cette situation est illogique, surtout quand on constate que leurs conditions de travail se sont complexifiées », dit Sonia Éthier, présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).

Cependant, pour Mme Éthier, l’augmentation salariale n’est pas le seul point à régler du côté des conditions de travail. « Pour nous, ça passe aussi par une augmentation des ressources », fait-elle valoir, déplorant entre autres le manque de postes à temps plein.

« Pendant la campagne électorale, la CAQ a clairement dit que les vieux partis n’écoutaient pas les citoyens et a dénoncé les conditions de travail tout en déclarant qu’elle voulait changer ça », rappelle Sonia Éthier, qui compte rencontrer les ministres concernés afin de formuler ses demandes.

L’importance des syndicats

D’autre part, la présidente de la CSQ réitère l’importance que revêtent encore les syndicats en 2018. « Les économies qui reposent sur le dialogue entre syndicats, gouvernements et associations patronales font en sorte qu’il y a une plus forte inclusion et un partage de la richesse », affirme-t-elle. La présidente appuie ses dires sur un rapport publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en juillet dernier, intitulé Perspectives de l’emploi de l’OCDE. Ce rapport dénonçait la stagnation de la croissance des salaires dans ses pays membres, expliquant que celle-ci était en partie due au recul du syndicalisme, qui est deux fois moins présent par rapport à 1980. Selon Mme Éthier, le syndicalisme est avant tout un rempart pour assurer le maintien des services publics pour la population.