Le Fonds de solidarité FTQ s’expose

Hélène Roulot-Ganzmann Collaboration spéciale
Jacques Parizeau au 6e congrès extraordinaire de la FTQ, le 19 août 1994
Photo: Serge Jongué FTQ Jacques Parizeau au 6e congrès extraordinaire de la FTQ, le 19 août 1994

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Voilà 35 ans, dans le contexte de crise économique qui sévissait au Québec, la Fédération des travailleurs (FTQ) créait le Fonds de solidarité FTQ. Son mandat : stimuler l’économie, démocratiser l’épargne, investir dans les entreprises, créer et maintenir des emplois. À l’occasion de ce trente-cinquième anniversaire, l’Écomusée du fier monde lui ouvre ses portes.

« C’est une façon de dire merci aux bâtisseurs, indique Mario Tremblay, vice-président aux Affaires publiques et corporatives du Fonds. Louis Laberge, alors président de la FTQ bien sûr, mais aussi Fernand Daoust, le premier secrétaire du Fonds. Et puis le public, tous les épargnants, tous les Québécois sans qui le Fonds ne serait pas devenu ce qu’il est aujourd’hui. Lorsque l’idée de monter une exposition a germé, nous voulions qu’elle nous unisse tous. D’où l’idée de la présenter hors de nos murs. »

Et l’Écomusée du fier monde était l’endroit tout trouvé. Un musée qui tout au long de l’année retrace l’histoire des travailleurs pour qu’il ne soit pas possible d’oublier leur contribution à la construction de la province. Un musée aujourd’hui encore situé dans un quartier à prédominance ouvrière. Durant près de trois semaines, à compter de jeudi, l’histoire du Fonds y sera présentée. L’exposition retrace en effet ses différentes activités et montre les impacts du fonds dans la communauté au fil du temps.

Au début des années 1980, le Québec traverse sa plus grande crise économique depuis le krach des années 1930 : les usines ferment les unes après les autres et les chômeurs se comptent par centaines de milliers. Louis Laberge propose de créer un fonds permanent pour le soutien à l’emploi. Et en 1983, malgré le scepticisme des médias, du milieu des affaires et les débats que cela a suscités dans le monde syndical, le Fonds FTQ lance ses activités.

« Bâtir avec notre argent »

« Nous allions de crise économique en crise économique, rappelle Mario Tremblay. Il fallait démocratiser l’épargne des travailleurs pour qu’ils puissent résister aux tempêtes et qu’ils économisent pour leur retraite, tout en développant l’économie du Québec. C’est une institution très originale. Et c’est cela que nous voulons raconter. »

Au fil de l’exposition, le visiteur apprend ainsi comment le Fonds de solidarité FTQ a su devenir un important outil économique et social au Québec et comment ses fondateurs ont su insuffler de fortes valeurs à ce mouvement collectif. À partir de nombreux documents, photographies et vidéos, il découvre comment cette vision s’incarne maintenant à travers des milliers d’histoires façonnées par les bâtisseurs du Québec d’aujourd’hui et de demain. Le témoignage des principaux acteurs de cette histoire, tels que Louis Laberge et Fernand Daoust, raconte comment le Fonds a fondamentalement modifié l’économie du Québec depuis trente-cinq ans.

« Le Fonds est un véhicule original, mais il s’inscrit dans le modèle socio-économique du Québec, ajoute M. Tremblay. Un modèle basé sur la solidarité. Il est dans la droite ligne de la création des Caisses Desjardins dans les années 1920 et de la Caisse de dépôt et placement dans les années 1960. Tous ces bâtisseurs avaient compris que le Québec était une province originale dans le Canada du fait de sa langue et de son histoire. Et que pour préserver cette spécificité, il fallait parvenir à bâtir avec notre argent. »

14,3 milliards de dollars

Aujourd’hui, le Fonds est devenu l’un des fleurons de l’économie québécoise. Il gère un actif net de 14,3 milliards de dollars et contribue de façon durable au développement de l’économie et de l’emploi au Québec. Il s’appuie sur la force d’un réseau de plus de 2800 entreprises partenaires présentes partout dans la province et sur la solidarité de 667 000 actionnaires-épargnants.

Mario Tremblay insiste également sur le fait qu’il est plus que jamais tourné vers l’avenir. Il fournit aux entrepreneurs québécois du capital patient, qui leur permet de croître et d’offrir des emplois de qualité. Le Fonds a mis sur pied un réseau d’investissement important, qui est maintenant constitué de 74 fonds locaux, 16 fonds régionaux et de 84 fonds sectoriels, un peu partout au Québec.

« Il ne s’agit de rien de moins que du plus gros fonds de capital de risque au Canada, conclut-il. Sans lui, non seulement les Québécois seraient plus pauvres, mais de nombreuses entreprises auraient périclité, sans compter celles qui n’auraient jamais pu voir le jour. Bref, c’est bien des découvertes qui n’auraient pas été faites ici, et un paquet d’emplois qui auraient été perdus. »

Une vision, des histoires, 35 ans du Fonds de solidarité FTQ

Du 15 novembre au 2 décembre 2018 à l’Écomusée du fier monde. Entrée gratuite.