Un verset du «Notre Père» est reformulé

La nouvelle version de la prière, qui remplace celle de 1966, sera progressivement implantée dans toute la francophonie.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La nouvelle version de la prière, qui remplace celle de 1966, sera progressivement implantée dans toute la francophonie.

Une nouvelle version du Notre Père — la prière la plus récitée par les chrétiens — entrera en vigueur le premier dimanche de l’avent, soit le 2 décembre. Le verset « Ne nous soumets pas à la tentation » sera alors remplacé par « Ne nous laisse pas entrer en tentation ».

Cette nouvelle formulation vise à dissiper une certaine incompréhension présente chez les fidèles. Plusieurs croyants se demandaient si « c’est Dieu qui nous tente vers le mal », rapporte Mgr Serge Poitras, président de la Commission épiscopale de liturgie et des sacrements (secteur français). Or, l’idée sous-jacente à ce verset n’était pas de laisser entendre « que c’est Dieu qui provoque cette tentation », mais plutôt « que c’est le mal lui-même qui nous attire », ajoute celui qui est également évêque de Timmins, en Ontario.

La nouvelle formulation « Ne nous laisse pas entrer en tentation » représente plus fidèlement « cette idée de demander à Dieu de ne pas nous laisser seul, qu’il soit avec nous, qu’il nous accompagne pour qu’on ne succombe pas », explique Mgr Poitras. Cette modification a été entérinée par la Conférence des évêques catholiques du Canada lors de son assemblée générale annuelle en septembre.

Cette traduction est également plus proche des termes employés par Jésus dans le récit de l’agonie, au cours duquel il affirme : « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation. » « L’idée qui est là, mais qui n’est pas mentionnée explicitement, c’est le pouvoir, dissèque Mgr Poitras. Le pouvoir de Dieu est plus grand, Dieu est plus fort que le mal. On dit à Dieu : “Si le mal me tente, sois plus fort, pour que je pense à toi et que je ne sois pas aveuglé”.  »

La nouvelle version du Notre Père, qui remplace la version en vigueur depuis 1966, sera progressivement implantée dans toute la francophonie. Elle s’inscrit à l’intérieur d’un exercice plus large de traduction liturgique de la Bible. Mgr Poitras, qui est membre de la Commission épiscopale internationale francophone pour les traductions liturgiques, estime que ce travail colossal sera terminé l’an prochain. D’autres changements pourraient donc survenir dans un avenir rapproché. Ils seront toutefois moins fondamentaux que cette modification apportée au Pater Noster, la prière enseignée par Jésus à ses disciples.

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