Les délais sont d’environ 21 mois pour les demandeurs d’asile

Les demandeurs d’asile qui arrivent maintenant au Canada devront attendre près de deux ans avant d’apprendre s’ils peuvent rester.
Photo: Geoff Robins Agence France-Presse Les demandeurs d’asile qui arrivent maintenant au Canada devront attendre près de deux ans avant d’apprendre s’ils peuvent rester.

L’agence qui traite les demandes de statut de réfugié affirme que les demandeurs d’asile qui arrivent maintenant au Canada devront attendre près de deux ans avant d’apprendre s’ils peuvent rester.

La Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) dit que les délais sont d’environ 21 mois, et qu’ils auraient pu être encore plus élevés sans le versement d’argent supplémentaire par le gouvernement fédéral.

Les libéraux ont mis de côté 74 millions cette année pour s’attaquer à un important arriéré de demandes d’asile au sein de l’agence.

La commission a engagé plus de 60 nouveaux employés pour statuer sur les demandes de statut de réfugié, dont plusieurs proviennent d’un afflux de dizaines de milliers de migrants « irréguliers » qui sont arrivés des États-Unis en passant par des points d’entrée non officiels.

L’organisation prévient que les temps d’attente pourraient augmenter étant donné qu’elle devrait traiter 60 000 nouvelles demandes au cours de l’exercice financier actuel, qui se terminera en mars 2019.

Même avec ces employés supplémentaires, la CISR estime qu’elle traitera près de la moitié de son inventaire actuel de 65 000 demandes d’ici mars 2019. Sans ces ressources supplémentaires, la commission croit qu’elle aurait terminé 24 000 dossiers, au lieu des 32 000 qu’elle prévoit de traiter d’ici la fin de l’année.

Un rapport sur le travail de la CISR, publié plus tôt cette année, a conclu qu’il y avait des problèmes persistants et systémiques nuisant au processus de demandes d’asile au Canada.

L’auteur du rapport, l’ancien sous-ministre de l’Immigration Neil Yeates, a recommandé des changements fondamentaux dans la gestion de la commission, notamment en instaurant une nouvelle structure de gestion qui serait supervisée par le ministre de l’Immigration.

Une vie en « suspens »

La porte-parole du Nouveau Parti démocratique (NPD) en matière d’immigration, Jenny Kwan, a reproché au gouvernement d’avoir continuellement sous-financé la commission, ce qui aurait créé les nombreux problèmes.

« C’est absolument inadmissible. Les vies de gens sont en suspens pendant qu’ils attendent que les dossiers soient traités », a-t-elle déploré.

L’argent frais du gouvernement fédéral ne va pas assez loin, selon elle, puisqu’Ottawa n’a pas répondu aux recommandations du rapport.

Le Conseil canadien pour les réfugiés souligne que les demandeurs d’asile retenus attendent deux ans et demi supplémentaires pour devenir résidents permanents — une situation qui le préoccupe et à laquelle il convient de remédier, affirme-t-il.

La directrice principale du conseil, Janet Dench, a fait valoir que les réfugiés avaient souvent de la difficulté à trouver un réel emploi, ajoutant qu’ils n’avaient pas accès aux programmes gouvernementaux. Ils doivent également affronter des défis lorsqu’ils se déplacent, a-t-elle ajouté. « Vous êtes un peu dans les limbes si vous avez le statut de réfugié sans la résidence permanente », a-t-elle expliqué.

C’est absolument inadmissible. Les vies de gens sont en suspens pendant qu’ils attendent que les dossiers soient traités.

 

Un plan trop modeste ?

Le groupe de Mme Dench demande au gouvernement d’accorder automatiquement la résidence permanente aux demandeurs d’asile qui sont acceptés.

Mmes Dench et Kwan ont jugé que le nouveau plan du gouvernement libéral pour accepter 16 500 personnes protégées en 2009 — une catégorie formée majoritairement de réfugiés qui obtiennent la résidence permanente — était beaucoup trop modeste, malgré une hausse graduelle qui permettrait de passer à 20 000 personnes en 2021.

Le ministère de l’Immigration a souligné que les niveaux pourraient être augmentés selon le besoin, mais il a rappelé qu’il était difficile de prédire le nombre de demandes d’asile qui seront acceptées.

Il a aussi rappelé que les réfugiés dont la demande était acceptée avaient accès aux mêmes programmes d’établissement et d’intégration que les résidents permanents.