Pour une alimentation durable

Stéphane Gagné Collaboration spéciale
L’Université Concordia a aussi adhéré au programme Aliments du Québec, volet institutionnel qui a pour but de trouver des recettes qui contiennent un minimum de 50% d’aliments locaux.
Photo: Université Concordia L’Université Concordia a aussi adhéré au programme Aliments du Québec, volet institutionnel qui a pour but de trouver des recettes qui contiennent un minimum de 50% d’aliments locaux.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

À l’Université Concordia se tient, du 1er au 4 novembre, la Tablée des idées, le 10e forum du Réseau pour une alimentation durable (RAD). Jusqu’à demain, 700 participants, provenant de partout au Canada, débattront sur les divers enjeux actuels entourant l’alimentation. Survol du forum et de l’implication de l’Université et de ses étudiants en alimentation durable.

Dans un pays riche comme le Canada, il existe encore plusieurs problèmes liés à l’alimentation. La malnutrition, la sécurité alimentaire, l’accès inégal à des aliments de qualité n’en sont que quelques exemples. Le 10e forum du RAD comprend des dizaines d’ateliers qui traitent de ces aspects et de bien d’autres.

Ainsi, le samedi 3 novembre, des ateliers traiteront de l’évolution des banques alimentaires, de ce que serait un programme alimentaire scolaire idéal, de l’agroécologie et de plusieurs autres sujets. Le lendemain, une séance plénière se tiendra pour repenser la transition vers un système alimentaire plus durable.

Ce forum, organisé par le RAD en association avec l’Université Concordia et la Concordia Food Coalition (CFC), a pour objectif de discuter des meilleures politiques alimentaires à adopter. « Il y a eu une consultation fédérale sur les enjeux de l’alimentation, à laquelle 45 000 personnes ont participé, dont le RAD, mentionne Diana Bronson, directrice générale du réseau. On attend maintenant une politique alimentaire fédérale pour bientôt. On nous l’avait promise pour 2018, mais elle n’est pas venue. »

Le RAD a toutefois formulé cinq grandes idées lors de cette consultation, qu’il souhaite voir incluse dans la future politique fédérale. Parmi celles-ci, il y a le droit à l’alimentation (ex. : accès à l’alimentation égale pour tous), l’encouragement à une alimentation saine et durable (ex. : en taxant les boissons sucrées) et le soutien à la production et à la distribution d’une alimentation durable (ex. : en encourageant l’agriculture biologique).

En même temps que le forum, et au même endroit, le mouvement torontois Meal Exchange tiendra un sommet national sur l’alimentation. Ce mouvement a pour objectif de donner accès à tous à une alimentation saine, nutritive, à prix abordable.

Ça bouge sur le terrain

Ce n’est pas un hasard si ce forum et ce sommet se déroulent à l’Université Concordia cette année. L’Université et ses initiatives étudiantes en alimentation (entreprises par le CFC) sont réputées dans le milieu. Par exemple, la coopérative de solidarité The Hive offre gratuitement tous les midis de la semaine des repas végétaliens sans noix aux étudiants et la Concordia Farmers’ Market tient tous les mercredis un marché de produits locaux et biologiques. Ces deux initiatives relèvent du CFC.

L’Université Concordia n’est pas en reste. « Lors du renouvellement de notre contrat avec notre gestionnaire en alimentation, nous avons établi avec lui des objectifs d’achat d’aliments locaux », dit Isabelle Mailhot-Leduc, coordinatrice du système d’alimentation durable et de la qualité au département Hospitalité Concordia de l’Université.

L’Université a aussi adhéré au programme Aliments du Québec, volet institutionnel qui a pour but de trouver des recettes qui contiennent un minimum de 50 % d’aliments locaux. Depuis 2016, l’Université est aussi certifiée « campus équitable ». Elle vend donc à l’intérieur de ses murs plusieurs produits équitables, comme le thé, le café, le chocolat et les bananes.

Enfin, dans ses deux cafétérias, toute la vaisselle est réutilisable et dans les points de service, elle est compostable. « Nous tentons aussi de réduire au maximum la quantité de nourriture qui est jetée », dit Mme Mailhot- Leduc. Un modèle que le RAD souhaiterait sûrement voir reproduit ailleurs.