Un premier organisme pourrait quitter la FFQ

La réflexion de l'organisme CLES découle de la nouvelle position sur la prostitution adoptée dimanche par la Fédération des femmes du Québec.
Photo: iStock La réflexion de l'organisme CLES découle de la nouvelle position sur la prostitution adoptée dimanche par la Fédération des femmes du Québec.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) lancera cette semaine un processus de réévaluation de son implication au sein de la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Une consultation sera menée auprès des 50 groupes qui sont membres de l’organisme et des quelque 200 membres individuelles.

Cette réflexion découle de la nouvelle position sur la prostitution adoptée dimanche par la FFQ. Cette position reconnaît l’« agentivité » des femmes dans l’industrie du sexe et leur « consentement » aux activités qui s’y mènent. Dans un communiqué transmis mardi après-midi, la CLES estime que « les résolutions adoptées légitiment la prostitution, les proxénètes et une industrie qui s’abreuvent aux inégalités vécues par les femmes, particulièrement les plus marginalisées ».

« Si la prostitution était réellement un choix comme un autre, il serait aussi facile d’en sortir que d’y entrer. Ce n’est pas le cas », poursuit la CLES, un organisme qui aide les femmes qui veulent quitter l’industrie du sexe.

Le Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS) présentera cette nouvelle position à ses membres lors de la prochaine rencontre qui aura lieu en janvier. Le réseau n’est pas en mesure de préciser pour l’instant s’il remet ou non son adhésion à la FFQ en question.

Dans un communiqué transmis lundi, les CALACS expliquent avoir pris la parole lors de l’assemblée générale spéciale de la FFQ, dimanche, afin de rappeler « la nécessité d’opter pour une analyse systémique qui questionne les rapports de pouvoir : pourquoi les femmes sont-elles les premières exploitées par cette industrie et les hommes les premiers qui en tirent profit que ce soit comme client ou comme proxénète ? […] »

Les CALACS travaillent auprès de femmes « qui s’identifient en tant que survivantes d’une industrie du sexe qui exploite et violente ». « Nous espérons que les droits et les rêves de ces femmes continueront à être défendus par la Fédération des femmes du Québec », peut-on lire dans le communiqué.

De son côté, la FFQ explique que cette nouvelle position lui permettra de soutenir toutes les femmes. « C’est une approche sans jugement et de soutien peu importe la décision que les femmes prennent », avait expliqué la semaine dernière la présidente de la FFQ Gabrielle Bouchard.