SQDC: succursales fermées du lundi au mercredi

Mercredi soir, en constatant ses problèmes d’approvisionnement, la SQDC avait déjà admis que le maintien en activité de ses douze succursales représenterait «un défi».
Photo: Alice Chiche Agence France-Presse Mercredi soir, en constatant ses problèmes d’approvisionnement, la SQDC avait déjà admis que le maintien en activité de ses douze succursales représenterait «un défi».

La Société québécoise du cannabis (SQDC) a annoncé vendredi que ses succursales, qui viennent d’ouvrir, fermeront déjà leurs portes les lundis, mardis et mercredis, à cause des problèmes d’approvisionnement qu’elle éprouve. La mesure est temporaire.

Le premier ministre François Legault, quant à lui, qui a été interrogé avant qu’on apprenne que la SQDC allait réduire ses heures d’ouverture, s’est étonné des difficultés de la société d’État. « Je suis surpris qu’on soit en rupture de stock si on est selon les prévisions de ventes », a-t-il commenté. La SQDC avait en effet déjà expliqué que les ventes correspondaient grosso modo à ses prévisions, mais que ce sont les fournisseurs qui ne pouvaient suffire à la tâche.

Mercredi soir, en constatant ses problèmes d’approvisionnement, la SQDC avait déjà admis que le maintien en activité de ses douze succursales représenterait « un défi ». Vendredi, dans un message diffusé sur Facebook et Twitter, elle a fait savoir que ses succursales seraient fermées les lundis, mardis et mercredis, temporairement.

« En raison des enjeux d’approvisionnement de cannabis, nous maintiendrons nos succursales ouvertes du jeudi au dimanche seulement. Jusqu’à ce que la disponibilité des produits se soit stabilisée, nos magasins seront donc fermés les lundis, mardis et mercredis », a écrit la SQDC.

La FTQ inquiète

L’annonce de la SQDC a eu lieu quelques heures à peine après que le président de la FTQ, Daniel Boyer, se fut inquiété des répercussions sur les emplois des problèmes d’approvisionnement de la société d’État.

Deux grands syndicats de la FTQ ont déposé des requêtes en accréditation pour représenter ces travailleurs.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, M. Boyer avait dit craindre que des mises à pied temporaires soient faites chez ces travailleurs. Ils n’ont pas à faire les frais d’une mauvaise planification des achats ou de la production, a-t-il fait valoir.

« Il y a une grande part d’improvisation dans tout ça. C’est sûr qu’il y a un engouement. On aurait pu s’attendre à ce qu’il y ait un problème d’approvisionnement, mais on ne voit pas la lumière au bout du tunnel, à savoir quand la SQDC va être en mesure de fournir du cannabis à l’ensemble des gens qui veulent en acheter. Pour ça, j’avoue qu’on est très inquiets », a commenté M. Boyer.

Pour le premier ministre Legault, il n’est toujours pas question de permettre à l’entreprise privée de vendre du cannabis. Il se dit toujours « très inquiet de l’impact de la consommation de cannabis chez les jeunes » et, pour cette raison, tient à ce que ce soit une société d’État qui s’occupe de la vente.

Aux côtés de la mairesse Valérie Plante, lors d’une conférence de presse commune à Montréal, il s’est dit conscient du fait qu’il faudra bien trouver un endroit où les fumeurs de cannabis pourront consommer, dans un contexte où 60 % des Montréalais sont locataires et que les propriétaires ont le droit d’interdire de fumer dans leurs logements.

Député et avocat

Le député fédéral libéral de Saint-Léonard–Saint-Michel, Nicola Di Iorio, a prononcé vendredi matin une conférence sur les enjeux légaux de la légalisation du cannabis au Canada en se présentant aussi en tant qu’avocat d’affaires. Il s’est joint au cabinet BCF Avocats en août dernier. Les images de sa présentation dans le cadre de l’Expo cannabis Montréal étaient identifiées au nom du cabinet. « Je suis professeur de droit depuis 35 ans. Quand il y a de nouvelles législations, on me demande souvent de les expliquer », a dit le député au Devoir après sa conférence.  Il ne voit aucune contradiction entre ses deux fonctions, au contraire. « Je vais vous donner un exemple. Les producteurs laitiers qui sont députés — et on en a au parlement — ne sont pas contents du traité de nouveau libre-échange et ils le manifestent fortement. […] Le propre d’un député, c’est de provenir du vrai monde. Ce qui est important c’est que chaque député ne se place pas en conflit d’intérêts. » M. Di Iorio a ajouté qu’il n’avait pas d’annonce publique à formuler sur son avenir politique.