Que nous réserve le Québec de 2019?

Francis Huot et Sophie Seguin-Lamarche Collaboration spéciale
«L’état du Québec» est en quelque sorte un mode d’emploi sur le Québec.
Photomontage: Le Devoir «L’état du Québec» est en quelque sorte un mode d’emploi sur le Québec.

Ce texte fait partie du cahier spécial Institut du Nouveau Monde

L’INM structure ses démarches d’animation du débat public autour de la vision « informer, débattre, proposer ». Des citoyens informés sont en effet plus à même de débattre et de participer aux affaires de la Cité et de proposer des solutions novatrices et réfléchies aux chantiers à venir. En publiant une revue annuelle fiable et objective des défis qui nous attendent dans L’état du Québec, l’INM joue son rôle de défenseur de la démocratie en rendant accessible une véritable référence sur les enjeux sociopolitiques qui touchent le Québec. Des citoyens informés qui participent activement à la vie démocratique peuvent avoir un impact important sur leur société. L’ouvrage permet également aux décideurs de prendre le pouls des préoccupations des Québécois et leur offre une information de qualité sur la nation qu’ils gouvernent. L’état du Québec est en quelque sorte un mode d’emploi sur le Québec.

Pourquoi L’état du Québec ?

L’INM, c’est 20 experts qui travaillent d’arrache-pied à accroître la participation des citoyens à la vie démocratique, et L’état du Québec — son ouvrage phare — est une communauté de plusieurs centaines d’auteurs qui contribuent à enrichir le débat public.

L’état du Québec 2019 est le fruit d’une démarche participative à laquelle citoyens, élus, chercheurs et représentants des médias ont été invités. Cette grande consultation a guidé le choix des thèmes pour vous offrir, à l’approche de 2019, un livre incontournable. Tout y est passé, et des choix difficiles ont dû être faits. La complexité de notre société rend l’exercice d’autant plus pertinent. Plus que jamais, les analyses rigoureuses, diversifiées et accessibles que nous proposons dans L’état du Québec 2019 sont à propos pour comprendre le Québec. L’objectif : faire le point sur les problématiques actuelles afin que chacun puisse prendre part de manière éclairée aux échanges à venir.

Pour cette édition, une centaine d’artisans ont été mis à contribution et plus de 50 experts d’horizons divers vous proposent des analyses percutantes sur les débats politiques d’aujourd’hui, et ceux à venir. Un véritable travail collaboratif qui permettra, nous l’espérons, de faire progresser le Québec en outillant les décideurs et en engageant les citoyens.

Deux défis incontournables à l’approche de 2019

Parmi les défis auxquels le Québec devra faire face en 2019, deux s’imposent, selon nous : la révolution technologique, déjà bien en marche, et la crise climatique, dont les effets, plus que jamais, se font sentir.

Notons d’abord que ces deux enjeux sont liés indirectement (et directement, à bien des égards). Le progrès technique et économique à tout prix, sur lequel les sociétés occidentales sont basées, a des impacts importants sur notre planète. Notre mode de vie a changé, les ressources s’épuisent et les catastrophes naturelles liées aux changements climatiques sont de plus en plus fréquentes.

Révolution technologique : l’ouragan en marche

Lorsqu’on pense à la révolution technologique, il y a bien sûr le développement rapide de l’intelligence artificielle, qui bouscule tout sur son passage et dont les impacts sont encore difficiles à mesurer. Les répercussions sur l’emploi, dans le domaine médical et sur les inégalités sociales, pour ne nommer que quelques exemples, se font déjà sentir. Montréal et le Québec constituent d’ailleurs une plaque tournante de la recherche sur l’éthique et les impacts sociétaux de l’intelligence artificielle. Citoyens et décideurs devront se saisir de ces questions importantes en 2019.

Le développement du big data — ou mégadonnées — pose également des défis importants. Cette technologie permet à des organisations de capter et de stocker une quantité infinie de données, sorte de traces numériques que nous laissons lorsque nous sommes actifs en ligne. Ces données sont ensuite vendues aux plus offrants. Et c’est sans compter les cryptodevises — notamment bitcoin et Ethereum — qui soulèvent des questions sur le plan social, économique et énergétique.

Bref, difficile de prévoir ce que l’avenir nous réserve lorsqu’il est question de la révolution technologique. Le changement est une constante dont la seule variable est son accélération.

La crise environnementale : le grand défi du XXIe siècle ?

Difficile d’anticiper les impacts réels qu’aura la crise environnementale sur la planète et sur notre façon de l’habiter et d’y vivre. La campagne électorale qui s’est achevée dans les dernières semaines laisse certainement un goût amer aux groupes environnementaux et aux citoyens pour qui l’enjeu revêt une plus grande importance. Le peu d’espace occupé par l’environnement dans la campagne électorale explique en partie le désengagement à l’égard de la politique partisane de la population au profit d’autres formes de participation. Trente-cinq pour cent des Québécois estiment en effet qu’il s’agit de l’enjeu le plus important, selon un sondage exclusif Léger-L’état du Québec dont les résultats se trouvent dans l’édition 2019. Pourtant, le poids de la question climatique dans la campagne électorale a été plutôt faible.

Le mouvement végétalien constitue un bel exemple d’initiative individuelle de lutte contre les changements climatiques. Ce geste politique, s’il en est un, démontre bien l’envie de citoyens d’agir sur les changements climatiques, et il compte de plus en plus d’adeptes.

Sur un plan plus macro, des actions sont tout de même en cours. La création de l’organisme gouvernemental Transition énergétique Québec (TEQ), par exemple, et des initiatives émanant de la société civile, comme le Sommet sur la transition énergétique juste, ou encore du milieu universitaire, comme « Le climat, l’État et nous », démontrent qu’une action concertée est possible, et que des acteurs agissent pour qu’un plan structurant guide la lutte contre les changements climatiques au Québec.

Reprendre le contrôle

Le propre des générations qui nous ont précédés a été de se projeter dans le futur, de rêver à un monde meilleur. Des projets de société, des fantasmes, des aspirations pour améliorer notre qualité de vie, notre prospérité. À la fin 2018, la situation semble être différente. Avons-nous perdu le contrôle sur notre futur ? Peut-on imaginer un Québec plus vert, dans lequel le développement des nouvelles technologies se ferait de manière responsable ?

Citoyens et décideurs ont une emprise sur les défis qui les guettent. La révolution technologique et la crise climatique ne sont pas des mécanismes inéluctables auxquels on ne peut que s’adapter. Nous avons le devoir de nous attaquer à ces deux chantiers, et L’état du Québec 2019 offre tous les outils pour le faire.