Faire rayonner Montréal dans le monde

Raphaëlle Corbeil Collaboration spéciale
Le nouveau p.-d.g. du Palais des congrès, Robert Jacques Mercure, souhaite intégrer la communauté montréalaise au cœur des activités du Palais afin qu’elle se réapproprie ses espaces et que ceux-ci deviennent des cadres d’où jaillissent des idées nouvelles.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le nouveau p.-d.g. du Palais des congrès, Robert Jacques Mercure, souhaite intégrer la communauté montréalaise au cœur des activités du Palais afin qu’elle se réapproprie ses espaces et que ceux-ci deviennent des cadres d’où jaillissent des idées nouvelles.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le Palais des congrès de Montréal est un acteur incontournable du tourisme d’affaires au Québec. La métropole québécoise y est pour quelque chose : Montréal accueille plus de congrès internationaux que toute autre ville des Amériques. Le nouveau p.-d.g., Robert Jacques Mercure, entend faire rayonner la ville pour continuer d’attirer les congrès du monde entier.

« Lorsqu’on vend le Palais des congrès à l’international, on vend d’abord la destination, et je peux vous dire que Montréal “fait le buzz” », lance d’emblée le nouveau p.-d.g. du Palais des congrès, Robert Jacques Mercure. L’ancien directeur du Château Frontenac s’est récemment installé dans le Vieux-Montréal afin de remplacer Raymond Larivée en septembre.

Selon le classement de l’Union des associations internationales (UAI) de 2017, Montréal est la ville qui a accueilli le plus de congrès internationaux dans les Amériques, surpassant Washington, New York, Toronto et Buenos Aires. La métropole québécoise s’est nettement démarquée en étant l’hôte de 149 événements internationaux, tandis que Washington arrive au deuxième rang avec ses 62 événements.

« Sans vouloir entrer trop dans la politique, je dirais qu’il y a quelques années, le Canada avait du mal à se distinguer des États-Unis à travers le monde.Aujourd’hui, Montréal et le Canada sont très populaires, très sexys à l’international. C’est une occasion majeure pour nous d’être un grand joueur pour accueillir des groupes internationaux », souligne le nouveau p.-d.g., très enthousiaste.

Les charmes de la métropole sont ainsi mis en valeur dans les dossiers de candidature visant à recruter les congrès du monde entier, grâce à un solide réseau de partenaires, dont Tourisme Montréal.

Auparavant au conseil d’administration de Destination Canada, M. Mercure constate que le Canada a retrouvé sa bonne réputation de pays accueillant. « La marque canadienne n’a jamais été aussi bonne à l’étranger. On est diversifiés, tolérants, inclusifs. C’est un message important à mettre en avant pour attirer les congrès internationaux », fait-il valoir.

Vecteur de créativité

Au cours des dernières années, la Société du Palais des congrès dirigée par Raymond Larivée a atteint des sommets inégalés en matière de performance financière et de reconnaissance internationale. Le Palais s’est notamment classé deuxième cet été à Londres pour le prix Reconnaissance de la plus haute performance en satisfaction de la clientèle.

M. Mercure assure qu’il n’a pas l’intention de s’asseoir sur ses lauriers. « Pour garder ces bonnes performances, il faut continuer de s’améliorer et rester à l’avant-garde. »

Le nouveau p.-d.g. souhaite intégrer la communauté montréalaise au coeur des activités du Palais afin qu’elle se réapproprie ses espaces et que ceux-ci deviennent des cadres d’où jaillissent des idées nouvelles. « Je veux qu’on soit considéré comme un accélérateur d’idées au coeur du développement de Montréal », résume-t-il.

Aujourd’hui, Montréal et le Canada sont très populaires, très sexys à l’international. C’est une occasion majeure pour nous d’être un grand joueur pour accueillir des groupes internationaux.

« Mon souhait est que les citoyens deviennent les ambassadeurs du Palais. On est un lieu physique au coeur de Montréal, le grand hall permet d’exposer les artistes d’ici, les créateurs en nouvelles technologies, les scientifiques. Je veux lancer ce message à Montréal qu’on souhaite travailler ensemble. » L’homme d’affaires dit être en discussion avec un gros acteur pour un projet dont il ne peut toutefois rien dévoiler pour l’instant.

L’objectif est aussi d’offrir aux touristes d’affaires un contact avec la culture montréalaise à l’intérieur même de l’édifice du Vieux-Montréal. « Quelqu’un qui vient pour une journée ou deux n’a pas le temps de visiter la ville. Je veux que le Palais soit une vitrine de notre culture, de nos créateurs, de nos artistes, de nos scientifiques. »

Le congrès de l’avenir

Fini le temps où un congrès n’offrait que des salles de conférence ordinaires. Le congrès est aujourd’hui une expérience, et les touristes d’affaires veulent vivre une expérience originale et montréalaise.

« On a un chef cuisinier diplômé de l’ITHQ ; sa priorité est de faire découvrir les mets du Québec. Moi, j’ai été élevé dans la restauration et je peux vous dire que la qualité ici est exceptionnelle », assure-t-il. L’édifice coloré possède aussi des jardins sur son toit qui fournissent des aliments frais prêts à être consommés.

Élaine Legault, directrice de la production, travaille au Palais depuis une dizaine d’années et a vu les tendances évoluer. « L’impact des générations Y et Z change la façon dont on voit les formats des événements. Les participants n’ont plus aujourd’hui les mêmes attentes. Ils sont plus exigeants. »

Le bien-être est ainsi une tendance qui s’installe. Le fait de bien manger, de bien s’hydrater, dans un environnement lumineux et écoresponsable, s’inscrit dans cette démarche. « On veut manger santé, on s’approvisionne localement, on met en valeur nos produits du terroir », énumère-t-elle.

Les espaces du Palais sont en outre pensés afin de permettre plus d’échanges et de réseautage et offrent un mobilier moderne. « [Les jeunes générations] veulent que les rencontres soient ultraproductives et interactives. Elles utilisent davantage les réseaux sociaux », fait remarquer Mme Legault.

Bien que le modèle d’affaires des centres de congrès soit bien établi, le Palais des congrès de Montréal souhaite rester à l’affût des nouvelles tendances. « Les centres de congrès sont des produits assez stables et matures, ça roule très bien. On travaille avec Tourisme Montréal et ses contreparties dans le monde. Toutefois, on s’interroge sur l’avenir. Notre offre est appelée à se transformer », conclut-elle.