Pour le bien-être des aînés

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
Les problèmes auxquels sont confrontés les aînés sont la conséquence directe de l’organisation des soins de santé au Québec, selon Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.
Photo: Val Vesa Unsplash Les problèmes auxquels sont confrontés les aînés sont la conséquence directe de l’organisation des soins de santé au Québec, selon Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.

Ce texte fait partie du cahier spécial Santé et syndicalisme octobre 2018

« La proportion de personnes âgées qui recevait des soins à domicile est demeurée assez stable, à 15 %, pendant huit ans. En 2015-2016, cette proportion a chuté à 12,1 %. Alors que la population vieillit, ce chiffre signifie que ce sont 176 250 personnes âgées de moins qui ont bénéficié de ces soins », explique Nancy Bédard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec. De son côté, Carolle Dubé, présidente de l’Alliance du personnel professionnel et technique et des services sociaux (APTS) souhaite que le nouveau gouvernement fasse preuve de volonté pour la santé et le bien-être des aînés. Selon elle, il est impératif de réinvestir dans les soins à domicile : « C’est ce que les gens veulent, rester à la maison ! »

Durant la récente campagne électorale, les partis se sont tous engagés à faire du dossier des aînés une priorité. « Pour y parvenir, c’est un virage à 180 degrés que devra envisager le nouveau gouvernement. Effectivement, on doit investir dans toute une panoplie de services pour garder les aînés à domicile », soutient Carolle Dubé. « La qualité des soins à domicile va passer par les CLSC, il faut les doter de moyens financiers et de personnel suffisant », lance Nancy Bédard, qui affirme que le Québec compte assez de ces professionnels capables de travailler en équipes multidisciplinaires.

Les problèmes auxquels sont confrontés les aînés sont la conséquence directe de l’organisation des soins de santé au Québec, selon Nancy Bédard : « On a choisi d’investir dans les structures plutôt qu’en première ligne. On a passablement vidé les CLSC au profit des groupes de médecins de famille. Aujourd’hui, c’est ce qui fait qu’on a moins de services à domicile. »

Quand ces services ne sont plus offerts, la santé des personnes âgées se détériore alors rapidement. « Il faut vite réinvestir dans les CLSC et aussi dans les centres d’hébergement de soins de longue durée [CHSLD] », ajoute-t-elle. Carolle Dubé affirme quant à elle que « miser sur la prévention est aussi un moyen de garder les gens à domicile ».

Les CHSLD font les manchettes depuis plusieurs années. « La stabilité les équipes de soins assure la qualité et la sécurité des bénéficiaires », explique Nancy Bédard. La FIQ a sondé ses membres l’an dernier et ceux qui travaillent en CHSLD disent ne plus être capables de donner les soins selon les normes, et ce, de façon régulière. Ce que les professionnels en soins déplorent aussi, c’est le constant manque de temps : « Les personnes âgées ont besoin de parler, de se faire tenir la main et nos membres en sont déchirés, mais ils n’ont plus le temps d’accompagner les patients et de leur offrir cette présence. »

Nancy Bédard et Carolle Dubé le répètent ; le bien-être des aînés passe par un réinvestissement dans les CLSC. Ces cliniques sont déjà présentes dans toutes les communautés, les structures sont là, il s’agit seulement d’y ajouter le personnel nécessaire.