Tornades à Gatineau: des organismes s’inquiètent pour les sinistrés

D’après les autorités, entre 600 et 1000 ménages ne pourront retourner vivre dans leur logement, considérablement endommagé voire totalement détruit par les tornades.
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne D’après les autorités, entre 600 et 1000 ménages ne pourront retourner vivre dans leur logement, considérablement endommagé voire totalement détruit par les tornades.

Inquiets pour les centaines de personnes à la rue depuis le passage de tornades en Outaouais la semaine dernière, neuf organismes oeuvrant dans la lutte à l’itinérance ont tiré la sonnette d’alarme jeudi. Ils demandent à Québec le retour du Programme d’aide d’urgence aux ménages sans logis.

« C’est la pire catastrophe que l’Outaouais a vécue au cours du dernier siècle. Beaucoup de gens ont perdu leurs biens et n’ont plus de toit sous lequel s’abriter alors que l’hiver approche », se désole le coordonnateur de Logemen’occupe, François Roy.

La semaine dernière, dans la nuit de vendredi à samedi, six tornades ont frappé la grande région d’Ottawa et de Gatineau, avec des vents allant jusqu’à 230 km/h. Immeubles détruits, arbres arrachés, voitures renversées : les dégâts sont considérables.

De concert avec huit autres organismes communautaires, M. Roy a manifesté son inquiétude jeudi face à la situation d’urgence et au manque de coordination des services d’aide aux sinistrés de la part des autorités.

Dans une lettre adressée au premier ministre Philippe Couillard, les organismes exigent notamment la réactivation du Programme d’aide d’urgence aux ménages sans logis, qui avait été mis en place en 2000 lors de la crise du logement. Il offre aux ménages affectés le transport des biens et meubles, ainsi que leur entreposage, jusqu’à ce qu’ils puissent retrouver un toit.

Car d’après les autorités de Gatineau, entre 600 et 1000 ménages ne pourront retourner vivre dans leur logement, considérablement endommagé voire totalement détruit par les tornades. Or la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) compte seulement 800 unités vacantes dans la municipalité à l’heure actuelle.

Des habitations qui sont toutefois bien plus chères. Une grande proportion des sinistrés vivait dans des logements abordables du marché privé et communautaire et quelques dizaines d’autres dans des unités HLM de l’Office municipal d’habitation.

« Ces ménages à modeste revenu se retrouvent à devoir payer plus cher des logements de remplacement, car l’offre de logements abordables est quasi nulle à Gatineau », précise le coordonnateur de Logemen’occupe.

Les organismes exigent ainsi du Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) de l’Outaouais qu’il prenne davantage en main la coordination de l’aide aux sinistrés. « Il y a du travail sur le terrain avec la croix rouge et pleins de bénévoles, mais compte tenu de l’ampleur des dégâts ce n’est pas assez , s’insurge M. Roy. Le CISSS doit en faire plus ».

« Si les mesures revendiquées ne sont pas rapidement mises en place, une grande partie de ces familles démunies, déjà grandement éprouvées, vont se retrouver dans des conditions encore plus déplorables », insiste-t-il.