Condamné injustement pour viol - Michel Dumont demande justice

Le ministre de la Justice, Jacques Dupuis, doit faire le nécessaire pour que soit réparée l'erreur judiciaire qui a coûté dix ans de sa vie à Michel Dumont, croit la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). En conférence de presse hier, son président, Henri Massé, a demandé au ministre de proposer un «règlement rapide, juste et équitable» à celui qui a été condamné à 52 mois de prison pour enlèvement, séquestration et agression sexuelle armée, une peine qu'il a purgée pendant 34 mois avant d'être officiellement innocenté.

Condamné en 1992, Michel Dumont avait rapidement été blanchi par la victime qui, six mois plus tard, signait une déclaration solennelle à ce sujet. Pourtant, Michel Dumont avait dû attendre jusqu'en 2001 pour que la Cour d'appel du Québec l'acquitte enfin. C'est alors qu'il avait intenté une poursuite de 8,7 millions de dollars contre le Procureur général du Québec et la Ville de Boisbriand. Depuis, c'est le silence complet, une situation que condamne vivement la FTQ.

«Humainement, on n'a pas le droit de traiter M. Dumont d'une façon aussi peu respectueuse, surtout qu'il a été blanchi de toute accusation en 2001. Le gouvernement doit réparer le préjudice grave qu'il a subi, lui et sa famille, durant cette longue épreuve. Nous avons donc décidé de lancer une campagne d'appui et nous la continuerons jusqu'à ce qu'il ait obtenu gain de cause», a dit M. Massé.

Cet appui est un soulagement pour Michel Dumont et sa conjointe Solange Tremblay qui, bien qu'ils n'aient jamais douté de l'issue de leur combat, n'en étaient pas moins passablement essoufflés. «Là, je ne suis plus seul, j'ai été chercher la cavalerie», s'est félicité M. Dumont. L'électricien, qui compte aussi sur le soutien de la Fraternité interprovinciale des ouvriers en électricité (FIPOE), a bien l'intention de talonner le ministre de près. «Si on n'a pas de nouvelles du ministre de la Justice d'ici quelques jours, on va s'adresser directement au premier ministre.»

En plus d'inviter ses membres à signer la pétition enjoignant au ministre de la Justice de «mettre un terme honorable à cette grossière erreur judiciaire», la FTQ organise une collecte de fonds pour aider le couple et ses cinq enfants à subvenir à leurs besoins. Cette erreur a en effet coûté très cher à M. Dumont qui a dû déclarer faillite. «J'ai des dettes. Je dois travailler des 20 heures par jour, et je ne suis pas à la maison souvent.»

Celui qui a porté malgré lui l'étiquette de violeur pendant dix ans en a lourd encore lourd sur le coeur. À l'exception de sa conjointe et de son frère, sa famille s'est en effet détournée de lui, et ses deux enfants ont été placés en famille d'accueil. «Le poids de cette histoire, ce sont aussi nos cinq enfants qui le portent», a-t-il dénoncé.

Heureusement, dire est aussi pour lui une libération, un exercice qu'il s'astreint à faire avec la complicité de l'auteur François Gignac. «On est en train d'écrire un livre qui va sortir en juin», a-t-il confirmé. D'ici là, il a bon espoir d'obtenir gain de cause. «C'est sûr et certain que je vais avoir gain de cause en cour.»

Le 16 décembre 2003, le député de Masson, Luc Thériault, également présent hier à la conférence de presse, avait déposé au cabinet du ministre une pétition électronique signée par 10 972 personnes qui demandaient à Québec de réparer le préjudice commis à M. Dumont.

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