Simons s’excuse d’avoir renommé un soutien-gorge en l’honneur d’une juge canadienne

Simons s’est engagé à participer à la campagne de financement de la maison des femmes Cornerstone à Ottawa.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Simons s’est engagé à participer à la campagne de financement de la maison des femmes Cornerstone à Ottawa.

La Maison Simons s’est excusée lundi d’avoir mis en vente une gamme de soutiens-gorges portant le nom de plusieurs personnalités féminines ayant marqué le Canada. Un morceau avait notamment été rebaptisé Beverley McLachlin, en hommage à l’ex-juge en chef de la Cour suprême, qui n’avait pas été avertie au préalable.

« Cette initiative était de mauvais goût et je vous présente mes sincères excuses pour cette utilisation inappropriée du nom de Mme McLachlin ainsi que [celui] des autres femmes », a écrit le patron de la chaîne de magasins, Peter Simons, dans un message envoyé à ses clients et diffusé sur les réseaux sociaux, lundi après-midi.

M. Simons a reconnu avoir utilisé le nom de Mme McLachlin sans sa permission à des fins commerciales. « Réalisant mon erreur, j’ai retiré et détruit tout le matériel lié à cette campagne. Notre organisation se réunira pour s’assurer que nous apprenons de cet incident », poursuit-il.

Les pièces de lingerie, lancées sur le marché au début du mois, empruntaient aussi les noms de l’auteure Gabrielle Roy, la suffragette Nellie McClung ou encore l’avocate Clara Brett Martin. L’intention initiale du détaillant était de rendre hommage à « plusieurs pionnières canadiennes inspirantes qui ont apporté une contribution historique [au] pays ».

L’idée n’a pas fait l’unanimité, entraînant de vives critiques sur les réseaux sociaux dans les derniers jours, et même des plaintes auprès de l’entreprise selon le quotidien The Gazette.

De son côté, Beverley McLachlin a remercié Simons d’avoir « rapidement porté attention à cet enjeu », a affirmé la porte-parole de la juriste au quotidien The Gazette lundi.

À sa demande, Simons s’est engagé à participer à la campagne de financement de la maison des femmes Cornerstone à Ottawa.

Instrumentalisation

Pour Rachel Chagnon, directrice de l’Institut de recherches et d’études féministes de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), cette campagne publicitaire démontre à quel point la « société a intériorisé l’instrumentalisation du corps féminin ».

« Ramener ces grandes personnalités intellectuelles et politiques à des brassières, c’est réduire les femmes à leur simple physique. Comme si la chose la plus importante pour une femme c’est d’avoir un beau corps, des formes, des seins. Non ! Elles ont aussi un cerveau et peuvent se démarquer par leur intelligence et leurs idées », s’offusque-t-elle.