La FFQ rend un hommage tardif et mitigé à Lise Payette

Lise Payette est décédée il y a une semaine. Les hommages à cette grande féministe ont été nombreux. Il manquait toutefois une voix à ce concert d’éloges, celle de la Fédération des femmes du Québec, qui a finalement rompu le silence jeudi.
Photo: Archives Le Devoir Lise Payette est décédée il y a une semaine. Les hommages à cette grande féministe ont été nombreux. Il manquait toutefois une voix à ce concert d’éloges, celle de la Fédération des femmes du Québec, qui a finalement rompu le silence jeudi.

Une semaine jour pour jour après le décès de Lise Payette, la Fédération des femmes du Québec (FFQ) est sortie de son mutisme en expliquant pourquoi elle était restée coite jusque-là. Un silence qui a laissé bien des militantes pour les droits des femmes incrédules.

Dans un billet publié mercredi soir sur sa page Facebook, la FFQ indique s’être tenue en retrait de la pluie d’hommages pour « laisser chaque membre associatif et chaque membre individuel s’exprimer à leur manière » sur le décès de Mme Payette.

« Sans nier nos divergences, nous reconnaissons qu’elle est une figure importante de l’histoire du Québec », peut-on lire dans la missive, qui rend un hommage mitigé à Mme Payette.

La Fédération des femmes du Québec souligne d’abord l’importante contribution de Lise Payette à l’avancement de la cause des femmes. « Au travers de ses accomplissements et ses prises de position, des milliers de femmes ont trouvé une alliée, tant dans leur quotidien que dans leurs batailles politiques », écrit l’organisation.

Puis, la FFQ avance que d’autres ont plutôt « fait face à une adversaire dans leur bataille pour le respect de leurs droits ». La Fédération affirme représenter « des femmes qui luttent pour la parité et l’inclusion des femmes en politique, tout comme nous représentons des femmes qui luttent contre les violences sexuelles ». « Nous ne pouvons pas choisir d’en représenter seulement certaines », tranche-t-elle.

La FFQ et sa présidente, Gabrielle Bouchard, n’ont pas répondu à notre demande d’entrevue.

Léa Clermont-Dion la célèbre

Jeudi dernier, Léa Clermont-Dion a publié un message sur Facebook pour rendre hommage à Lise Payette. Alors que l’on venait tout juste d’apprendre le décès de celle qui fut la première ministre d’État à la Condition féminine, l’auteure et animatrice a témoigné de son « indéfectible admiration » à l’égard de cette « bâtisseuse » du Québec moderne.

Léa Clermont-Dion affirme néanmoins s’être sentie « mitigée à prendre la plume ». « Mitigée, car il y a près d’un an, je vous avouais un travers qui a ombragé l’admiration que j’avais pour elle », écrit-elle.

Un faux pas

Diane Guilbault, présidente de l’organisation Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec), évoque sans conteste « un faux pas » de la part de la FFQ.

« C’est très décevant pour toutes les femmes du Québec », s’indigne-t-elle en entrevue au Devoir. À ses yeux, la majorité des femmes « reconnaissent l’apport exceptionnel de Lise Payette » à l’avancement de leurs droits.

Diane Guilbault convient que Lise Payette a trébuché par moments. « Mais quand on ne fait rien dans la vie, on ne fait pas d’erreurs, nuance-t-elle. Je pense que la colonne des plus est tellement énorme que, [malgré] les taches, il n’y a rien pour renverser tout le positif qu’elle a fait pour la société québécoise. »

« Ce qu’il faut retenir, ce n’est pas ce mutisme extrêmement décevant. Ce qu’il faut retenir, c’est l’œuvre de Mme Payette », insiste-t-elle.

PDF Québec a été créé en 2013 par un groupe de femmes qui disaient ne plus se reconnaître dans la FFQ.