Éducation: la CSQ voit tout un système à réorganiser

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
On constate que, même dans le réseau collégial, il y a de plus en plus d’élèves aux besoins particuliers qui, pour réussir, doivent être entourés de personnel de soutien et de professionnels.
Photo: iStock On constate que, même dans le réseau collégial, il y a de plus en plus d’élèves aux besoins particuliers qui, pour réussir, doivent être entourés de personnel de soutien et de professionnels.

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« L’éducation est, bien sûr, la pierre angulaire d’une société qui veut rayonner sur les plans social, culturel et économique. Toutefois, il faut que le prochain gouvernement ait une vision globale du système », affirme Sonia Éthier, nouvelle présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ). En effet, les membres de la Centrale sont présents partout, tant dans les secteurs de la petite enfance que dans le réseau scolaire, collégial et universitaire ainsi qu’en santé et services sociaux.

Les coupes budgétaires dans le réseau scolaire ont été de presque un milliard de dollars, et Sonia Éthier affirme « que, même si le gouvernement réinjecte 370 millions de dollars, le déficit d’investissement sera toujours de 590 millions de dollars simplement pour revenir aux ressources qu’on avait avant les compressions alors que déjà on était en situation problématique dans le réseau scolaire et collégial ».

 

Un même fil conducteur

« Il faut que le futur gouvernement reconnaisse que les sommes d’argent investies doivent être suffisantes pour l’ensemble des personnels, que ce soit au réseau scolaire, collégial ou universitaire. On parle ici tant du personnel de soutien que des professionnels », précise la présidente en citant une enquête de l’IRIS menée auprès de plus de 8000 répondants : ils y confirment qu’il y a beaucoup plus d’élèves en difficulté dans les classes que ceux qui sont déjà recensés.

« Il faut des ressources professionnelles, il faut une cohésion pour assurer la réussite, c’est primordial », ajoute-t-elle. Depuis quelques années, on constate que, même dans le réseau collégial, il y a de plus en plus d’élèves à besoins particuliers qui, pour réussir, doivent être entourés de personnel de soutien et de professionnels. D’ailleurs, la CSQ ainsi que d’autres organisations membres du Collectif des états généraux de l’enseignement supérieur se montrent surprises que l’enseignement supérieur ne fasse l’objet d’aucun engagement structurant dans la campagne actuelle.

« On veut retrouver le même fil conducteur dans tous les secteurs où il faut plus de financement », répète Sonia Éthier, qui rappelle qu’un enjeu important pour la CSQ est la décentralisation de la gestion des ressources humaines : « La loi 10 a fait en sorte de concentrer les pouvoirs entre les mains d’un seul ministre, et les conseils d’administration sont menottés. Il faut redonner plus de pouvoir aux établissements. »

À l’occasion de la présente campagne électorale, la CSQ a mis en ligne sur son site un tableau comparatif de nombre d’engagements des différents partis. Il permet de voir où se situent les partis sur les enjeux les plus significatifs pour la CSQ. Dans le but d’obtenir des réponses claires de la part des candidats, la CSQ a fait parvenir un questionnaire interpellant les chefs sur des sujets chauds : « Pour l’instant, on a eu des réponses de la part de Québec solidaire et de la Coalition avenir Québec, mais on attend toujours celles du Parti québécois et du Parti libéral », s’étonne Sonia Éthier qui précise : « On les a questionnés entre autres sur le tarif unique en CPE et sur la maternelle 4 ans, sur le financement en éducation et on leur a demandé quelles étaient leurs intentions pour améliorer les conditions de travail et d’exercice ainsi que leur point de vue sur la reconnaissance de l’expertise. »

« Présentement, on voit que les partis s’en donnent à cœur joie pour faire des annonces qui séduisent les électeurs, les familles et les aînés… On promet beaucoup de choses, mais au lendemain des élections qu’en sera-t-il ? Est-ce que le parti qui formera le prochain gouvernement mettra en action ses promesses de campagne ? » lance Sonia Éthier avec prudence.