Le procureur en chef de la Commission Viens et son adjointe démissionnent

La Commission a été mise sur pied en décembre 2016.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir La Commission a été mise sur pied en décembre 2016.

Le procureur en chef et la procureure en chef adjointe de la Commission Viens, Me Christian Leblanc et Me Marie-Josée Barry-Gosselin, démissionnent.

La Commission, qui enquête sur les relations entre les Autochtones et les services publics au Québec, a annoncé jeudi leur départ dans un communiqué laconique sans en préciser les raisons.

Les deux démissions sont effectives dès vendredi, le 7 septembre.

C’est une autre avocate membre du service juridique de la Commission, Me Suzanne Arpin, qui prendra la relève au poste de procureure en chef à compter de lundi prochain.

Le communiqué précise que Me Arpin, qui s’est jointe à la Commission en 2017, a oeuvré principalement dans les domaines de la protection de la jeunesse, de l’adoption, de la justice pénale pour les adolescents ainsi que du droit lié à la santé et aux services sociaux.

La tâche de procureure en chef viendra s’ajouter à ses responsabilités actuelles au service juridique et comme porte-parole de la Commission.

L’organisme ne précise pas si le poste de procureur en chef adjoint sera comblé et demeure avare de détails. Dans un courriel à La Presse canadienne, le service des communications se contente de dire que « pour le moment, outre la nomination de Me Arpin à titre de procureure en chef, nous ne ferons pas de commentaire sur la structure organisationnelle de l’équipe juridique ».

Présidée par le juge Jacques Viens, la Commission a été mise sur pied en décembre 2016 par le gouvernement Couillard dans la foulée des allégations d’agressions sexuelles de femmes autochtones et d’abus de pouvoir visant des policiers de la Sûreté du Québec de Val-d’Or, en Abitibi, mises au jour par l’émission Enquête, de Radio-Canada.

Elle ne porte toutefois pas uniquement sur les relations avec les corps policiers, son mandat étant de faire des recommandations après enquête pour « prévenir ou éliminer, quelles qu’en soient l’origine et la cause, toute forme de violence et de pratiques discriminatoires, de traitements différents » dans la prestation des services offerts par « les services policiers, les services correctionnels, les services de justice, les services de santé et les services sociaux ainsi que les services de protection de la jeunesse ».

Le courriel précise que « la réorganisation n’affecte en rien les travaux et l’échéancier de la Commission ».

Celle-ci entre dans le dernier droit de ses travaux, ses audiences publiques devant se transporter à nouveau à Val-d’Or à la fin du mois, puis à Kuujjuaraapik et à Kuujjuaq en novembre pour revenir à Val-d’Or et se conclure à la mi-décembre.

Le rapport du juge Viens est attendu en septembre 2019.

Contrairement à son pendant fédéral — la Commission de vérité et de réconciliation — la Commission Viens n’a pas fait l’objet de controverse depuis le début de ses travaux.