Séminaire des Pères maristes: cinq adolescents accusés

L’affaire a fait grand bruit dans la ville de Québec, où une trentaine de personnes ont formé mardi matin une chaîne humaine en soutien aux victimes présumées.
Photo: Francis Vachon Archives Le Devoir L’affaire a fait grand bruit dans la ville de Québec, où une trentaine de personnes ont formé mardi matin une chaîne humaine en soutien aux victimes présumées.

Cinq adolescents du Séminaire des Pères maristes, à Québec, seront accusés devant la Chambre de la jeunesse de divers chefs de leurre, de distribution de pornographie juvénile et d'extorsion, a annoncé le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) vendredi matin. L’un des élèves est aussi accusé d’agression sexuelle. 

 

Le DPCP s’est penché sur les dossiers de sept adolescents impliqués dans un échange présumé de photos à caractère sexuel. Il a finalement déposé des accusations contre cinq d’entre eux. 

 

Ceux-ci devront comparaître devant la Chambre de la jeunesse «dans les prochaines semaines», a précisé le DPCP dans un communiqué. «De plus, ils doivent respecter, entre autres, les conditions de s’abstenir de communiquer directement ou indirectement avec les plaignantes et de s’abstenir de les importuner.»

 

L’affaire a fait grand bruit dans la ville de Québec, où une trentaine de personnes ont formé mardi matin une chaîne humaine en soutien aux victimes présumées.

 

Un groupe de six adolescents de 12 à 14 ans a d’abord été arrêté en mai par le Service de police de la Ville de Québec pour avoir fait circuler des photos « intimes » de mineures.

 

Ils ont alors été suspendus pendant sept jours du Séminaire des Pères maristes, une école privée du quartier Sillery. La direction a ensuite décidé de leur permettre de terminer leur année scolaire dans un pavillon distinct.

 

À la fin des classes, l'établissement a confirmé, dans une lettre envoyée à l’ensemble des parents, que les élèves impliqués dans cette affaire seraient autorisés à poursuivre leur scolarisation au séminaire au retour des vacances. Devant l'indignation soulevée par cette décision, la direction a changé son fusil d'épaule et ordonné, en août, l'expulsion des adolescents. 

 

Les parents de trois de ces adolescents ont contesté la décision de la direction de l'école en Cour supérieure. Ils ont eu gain de cause la semaine dernière.

 

Le juge Daniel Dumais a alors statué que les trois jeunes hommes subiraient un préjudice sérieux ou irréparable s’ils étaient « déracinés » de leur environnement éducatif et contraints de changer leur « routine » et leurs « amitiés ».

 

La décision du magistrat a entraîné une manifestation devant l’école le jour de la rentrée des classes. 

 

Voici la liste des accusations auxquelles font face les cinq adolescents. Puisqu'ils sont mineurs, leur identité est protégée.   

  • Le premier est accusé de leurre, de distribution de pornographie juvénile et d’avoir rendu accessible une image intime sans consentement.
  • Le deuxième est accusé de leurre et d’extorsion.
  • Le troisième est accusé de leurre, d’extorsion et d’avoir rendu accessible une image intime sans consentement.
  • Le quatrième est accusé de leurre.
  • Le cinquième est accusé de leurre, d’agression sexuelle, de possession de pornographie juvénile et d’avoir rendu accessible une image intime sans consentement.
  • Les cas de deux autres jeunes « seront traités selon le programme de sanctions extrajudiciaires », écrit le DPCP.