Chaîne humaine devant une école secondaire à Québec

Une trentaine de manifestants brandissaient affiches et banderoles alors que les élèves retournaient en classe.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Une trentaine de manifestants brandissaient affiches et banderoles alors que les élèves retournaient en classe.

Une trentaine de personnes ont formé mardi matin une chaîne humaine devant le Séminaire des Pères maristes, à Québec, en soutien aux victimes de l’échange présumé de photos à caractère sexuel par des garçons de l’école.

Organisé par le Regroupement des groupes de femmes de la capitale nationale, ce rassemblement s’est déroulé à l’heure de la rentrée des classes sur le chemin Saint-Louis qui borde l’école. Devant des jeunes élèves tantôt incrédules, tantôt amusés, une trentaine de femmes, mais aussi quelques hommes, tenaient des affiches et banderoles arborant les slogans «Stop culture du viol», «On vous croit» ou «Vous ne passerez pas».

«On n’est pas en opposition, on ne bloquera pas les terrains», a affirmé la porte-parole du Regroupement, Isabelle Boily, devant le groupe imposant de médias présents. «On est là en soutien parce qu’on considère que les jeunes filles qui ont à côtoyer les jeunes garçons [présumés coupables], c’est inacceptable.»

Lundi, le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, avait lancé un appel au calme et affirmé que l’organisation d’une chaîne humaine était « mal avisée » dans les circonstances.

Interpellée à ce propos, Mme Boily mentionne qu’elle a consulté les présumées victimes et leurs parents avant d’organiser ce coup d’éclat et que ces derniers « sont en accord » avec la démarche.

Le dossier entre les mains du DPCP

Rappelons que la semaine dernière, la Cour supérieure a ordonné à l’école de réintégrer de trois jeunes garçons qui avaient été expulsés dans cette affaire dont les origines remontent à mai dernier.

Un total de six garçons de 12 à 14 ans avaient alors été arrêtés, car on les soupçonnait d’avoir partagé des photos pornographiques de trois filles de leur école. Aucune accusation n’a été déposée depuis puisque l’enquête policière vient à peine de se terminer. Il appartient désormais au Directeur des poursuites criminelles et pénales de déterminer si des accusations seront portées ou non.

Au départ, l’école avait accepté que les garçons en cause restent, ce qui avait suscité une véritable levée de boucliers. Puis en août, l’établissement changeait son fusil d’épaule et ordonnait leur expulsion.

Or les parents des trois autres jeunes ont contesté cette décision en Cour laquelle leur a donné raison la semaine dernière.

À l’heure actuelle, une seule des victimes présumées fréquente toujours l’établissement.

Aux yeux du mouvement Québec contre les violences sexuelles, la gestion de cette affaire est inacceptable. « Les directeurs d’école ne sont pas outillés, ils ne comprennent pas cet enjeu-là. La violence sexuelle dans la société en général, c’est très mal compris », déplore l’une de ses fondatrices Mélanie Lemay.

Vendredi dernier, la direction du Séminaire des Pères maristes a fait savoir qu’elle prenait acte de la décision de la Cour supérieure, mais qu’elle ne ferait plus de commentaires dans ce dossier d’ici à ce que le DPCP ait tranché dans cette affaire. « Le Séminaire entend redoubler d’efforts pour assurer une rentrée et une année scolaire harmonieuse dans les circonstances », avait déclaré son directeur François Sylvain par voie de communiqué.