Des ONG dénoncent les propos «irresponsables» du pape

Le pape François prie au sanctuaire de Knock, le 26 août 2018, lors de sa visite en Irlande.
Photo: Agence France-Presse Le pape François prie au sanctuaire de Knock, le 26 août 2018, lors de sa visite en Irlande.

Les associations de défense des droits LGBT (lesbiennes, gais, bi, trans) ont dénoncé lundi les propos « irresponsables » tenus dimanche par le pape François préconisant le recours à la psychiatrie lorsque des parents constatent les orientations homosexuelles de leurs enfants.

À un journaliste qui demandait au pape ce qu’il dirait à des parents constatant les orientations homosexuelles de leur enfant, le souverain pontife a répondu qu’« il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses ».

Le pape s’exprimait dans l’avion qui le ramenait dimanche d’Irlande à Rome.

« Nous condamnons ces propos qui renvoient à l’idée que l’homosexualité est une maladie. Or, s’il y a une maladie, c’est cette homophobie ancrée dans la société qui persécute les personnes LGBT », a réagi auprès de l’AFP Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT.

Ces paroles sont « choquantes car elles ciblent les enfants », a-t-elle poursuivi, rappelant que « des études ont démontré que le risque de suicide était plus élevé que la moyenne chez les jeunes LGBT ».

« Graves et irresponsables », ces propos « incitent à la haine des personnes LGBT dans nos sociétés déjà marquées par des niveaux élevés d’homophobie et de transphobie », a réagi de son côté SOS Homophobie sur Twitter.

« J’aimerais que le pape François n’utilise pas les homosexuels pour qu’on cesse de parler des prêtres pédophiles », a pour sa part commenté Catherine Michaud, présidente de GayLib.

Dimanche, lors d’une messe géante à Dublin, le pape François a égrené une longue liste de « pardons » aux victimes d’abus commis par le clergé ou des institutions religieuses en Irlande, et s’est vu lui-même durement accuser d’avoir couvert un prélat soupçonné d’abus.

En 2013, le pape avait fait preuve d’une ouverture inédite à l’égard des personnes homosexuelles avec sa fameuse formule « qui suis-je pour juger ? », sans pour autant remettre en cause la doctrine de l’Église qualifiant l’homosexualité d’acte « désordonné ».

L’homosexualité ne figure plus sur la liste des maladies mentales de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1990.