Photos de nature sexuelle: trois ados pourront réintégrer leur collège

Les adolescents avaient été expulsés du séminaire pour avoir présumément échangé des photos à caractère sexuel de trois de leurs camarades de classe.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les adolescents avaient été expulsés du séminaire pour avoir présumément échangé des photos à caractère sexuel de trois de leurs camarades de classe.

La Cour supérieure du Québec ordonne au séminaire des Pères Maristes de Québec de réintégrer dès lundi trois adolescents expulsés de l’école secondaire pour avoir présumément échangé des photos de nature sexuelle de trois de leurs camarades de classe.

Dans son jugement rendu vendredi, le juge Daniel Dumais écrit que les trois jeunes hommes subiraient un préjudice sérieux ou irréparable s’ils étaient « déracinés » de leur environnement éducatif et contraints de changer leur « routine » et leurs « amitiés ».

Aucune accusation n’a été portée à ce jour contre les six adolescents visés par l’enquête policière, rappelle le juge Dumais. Trois d'entre eux ont décidé de poursuivre leurs études dans une autre école.

Le magistrat souligne que les six élèves qui avaient été arrêtés par la police de Québec, le 2 mai, ont été suspendus pendant sept jours de l’école privée du quartier Sillery. La direction a ensuite décidé de leur permettre de terminer leur année scolaire dans un pavillon distinct.

À la fin des classes, l'établissement a confirmé, dans une lettre envoyée à l’ensemble des parents, que les élèves impliqués dans cette affaire seraient autorisés à poursuivre leur scolarisation au séminaire en août.

Or, selon le juge Dumais, c’est « la pression populaire ou celle des parents des victimes qui ont changé la donne ».

« Aucun élément nouveau […] n’a été amené ou expliqué pour soutenir ce revirement », ajoute-t-il.

Le juge Dumais avance que rien ne permet de prédire que la sécurité ou le climat social entre les murs de l’école sera affecté.

« Personne, selon la preuve, ne semble avoir quitté l’institution, si ce n’est trois des garçons concernés et deux des trois victimes », ajoute-t-il.

Le juge spécifie qu’il ne faut pas « minimiser les gestes posés ». « Mais il ne faut pas, à l’opposé, aller au-delà de ce que l’on sait et présumer des attitudes ou des gestes non encore prouvés », rappelle-t-il.

Les trois jeunes hommes — deux sont âgés de 13 ans et le troisième, de 14 ans — devront respecter certaines conditions. Ils devront éviter tout contact avec les victimes alléguées, « autres que ceux inévitables en contexte scolaire », ne pas avoir une attitude « triomphante » et faire preuve de discrétion relativement aux événements, notamment.

Par voie de communiqué, le Séminaire des Pères Maristes a déclaré qu'il « n'a d'autre choix que de respecter la décision » rendue par la Cour supérieure. La direction affirme qu'elle redoublera d'efforts « pour assurer une rentrée et une année scolaire harmonieuse ».

En cas de non-respect des conditions émises par le magistrat, les adolescents pourraient faire face à des mesures disciplinaires allant jusqu'au renvoi, précise le collège.