Montréal octroie finalement son contrat de recyclage

L’opposition a accepté de se rallier à la proposition de l’administration de Valérie Plante, même si les documents relatifs au contrat de 18,5 millions sur trois ans n’ont pas été soumis à temps.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’opposition a accepté de se rallier à la proposition de l’administration de Valérie Plante, même si les documents relatifs au contrat de 18,5 millions sur trois ans n’ont pas été soumis à temps.

Un imbroglio administratif ne mènera finalement pas des milliers de tonnes de matières recyclables de l’île de Montréal vers des sites d’enfouissement.

Au terme d’une séance du conseil municipal qui s’est étirée sur deux jours, les élus montréalais ont finalement octroyé, mardi soir, le contrat pour la gestion des résidus de construction et les objets encombrants, de même que pour les produits reçus dans les écocentres, à Koncas Recyclage.

L’opposition a accepté de se rallier à la proposition de l’administration de Valérie Plante, même si les documents relatifs au contrat de 18,5 millions sur trois ans n’ont pas été soumis à temps.

Ce n’est que lundi matin que le parti d’opposition Ensemble Montréal a pu consulter le dossier. Un seul soumissionnaire a été jugé conforme. Sa soumission se situait toutefois 20 % au-dessus de l’estimation établie par les fonctionnaires, a rappelé le chef de l’opposition, Lionel Perez.

« On n’a pas pu analyser ce dossier selon les règles », s’est-il indigné. « Si on choisit des règles, c’est pour leur donner de l’importance et de la pertinence », a-t-il rappelé.

En plus d’être bien au-delà de l’estimation, le contrat ne comprend aucune garantie d’exécution, a noté M. Perez. « Si la compagnie fait faux bond, on va être pris dans une crise, a-t-il raillé. On n’a pas de roue de secours, c’est préoccupant pour un contrat de trois ans. »

Il a toutefois dit comprendre que l’industrie du recyclage vit des changements importants. « On le constate, on le reconnaît », a-t-il mentionné.

Le maire de l’arrondissement de Verdun, Jean-François Parenteau, a insisté sur le caractère urgent de la situation. « On devait passer ce contrat », a-t-il déclaré aux élus montréalais. Sinon, au mois de septembre, environ 16 000 tonnes d’objets encombrants se seraient retrouvées dans des sites d’enfouissement, a-t-il lancé.

« Je remercie l’ouverture de l’opposition. C’est un imbroglio administratif qui s’est produit, pas une erreur de mauvaise foi », a-t-il précisé.

Interrogé par Le Devoir tout juste avant que le conseil municipal lui accorde le contrat, Martin Leclerc, directeur au développement des affaires chez Koncas Recyclage, a toutefois tenu un discours moins alarmiste.

Le contrat de Koncas Recyclage se terminait en juin, a-t-il rappelé. « J’ai accepté de le prolonger jusqu’au mois d’août au même taux à la demande de la Ville », rapporte-t-il, ajoutant qu’il aurait accepté une autre prolongation de contrat. « Je ne les aurais pas laissés tomber. »