Bernard Trépanier, figure centrale de la commission Charbonneau, est décédé

Bernard Trépanier avait été arrêté en mai 2012 par l’UPAC relativement au dossier du Faubourg Contrecœur.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Bernard Trépanier avait été arrêté en mai 2012 par l’UPAC relativement au dossier du Faubourg Contrecœur.

Bernard Trépanier, celui qui était surnommé « Monsieur 3 % » et qui était devenu une figure importante de la commission Charbonneau, est décédé mardi matin.

L’homme de 79 ans, qui était atteint d’un cancer du poumon, a rendu l’âme entouré de ses proches, a confirmé son avocat et ami, Me Daniel Rock.

L’état de santé de l’ancien collecteur de fonds d’Union Montréal avait amené le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) à déposer en juin dernier un arrêt des procédures pour qu’il n’ait pas à subir deux procès.

« Il a vécu ses dernières années de vie du mieux qu’il le pouvait dans les circonstances. Il n’est pas mort malheureux, mais c’est certain qu’il avait un peu d’amertume de voir que beaucoup de gens qu’il avait aidés ne lui adressaient même plus la parole », a confié Me Rock.

Rappelons que M. Trépanier avait été arrêté en mai 2012 par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en même temps que l’ancien numéro 2 de la Ville de Montréal, Frank Zampino, et l’entrepreneur Paolo Catania relativement au dossier du Faubourg Contrecoeur.

Ses six coaccusés ont été acquittés en mai dernier par le juge Yvan Poulin. Dans son jugement, le juge Poulin avait d’ailleurs consacré deux pages au rôle de Bernard Trépanier dans le scandale du Faubourg Contrecoeur et avait laissé entendre que la cause de l’ancien grand argentier d’Union Montréal aurait connu le même dénouement.

« En définitive, le rôle que veut prêter le ministère public à Bernard Trépanier dans le développement du siteContrecoeur n’a pas été prouvé », avait écrit le juge dans sa décision étoffée de 88 pages.

M. Trépanier avait aussi été arrêté en septembre 2017. Il était cette fois accusé d’avoir participé à un système de partage de contrats à la Ville de Montréal, entre 2001 et 2009, tout comme cinq autres individus, dont Frank Zampino.

Rien à ajouter

Depuis son passage devant la commission Charbonneau en mars 2013, M. Trépanier avait déjà dit tout ce qu’il avait à déclarer sur la question, selon Me Rock. « Il n’avait rien à ajouter. Il avait dit ce qu’il avait à dire », a souligné son avocat.

Rappelons que M. Trépanier avait avoué qu’il retournait l’ascenseur aux firmes qui avaient donné un coup de main à Union Montréal.

« J’essayais de donner de l’ouvrage à ceux qui avaient contribué au parti, avait-il expliqué devant la juge France Charbonneau. J’essayais de répartir ça égal. »

En matière de collusion, il estimait que c’était sans doute le seul reproche qu’on pouvait lui adresser.

Son témoignage avait aussi été marqué par une déclaration colorée au sujet de son amitié avec Frank Zampino, qui était aussi maire de l’arrondissement de Saint-Léonard.

« Un chum, c’est un chum », avait-il lâché lorsque questionné pour savoir s’il avait été rémunéré pour l’aide offerte à M. Zampino. « Je n’ai jamais rien demandé à M. Zampino à Saint-Léonard. »