Des sikhs manifestent à Londres pour un référendum sur l'indépendance du Pendjab

Les manifestants se sont rassemblés à Trafalgar Square, parfois en famille, les hommes portant sur la tête des turbans orange ou bleus.
Photo: Daniel Leal-Olivas Agence France-Presse Les manifestants se sont rassemblés à Trafalgar Square, parfois en famille, les hommes portant sur la tête des turbans orange ou bleus.

Des centaines de sikhs ont manifesté dimanche après-midi à Londres pour réclamer un référendum sur l’indépendance du Pendjab à l’appel de Sikhs For Justice, un mouvement soutenu par la diaspora sikhe.

Cette manifestation appelée « Déclaration de Londres » s’inscrit dans le cadre d’une « campagne pacifique en faveur d’un référendum non contraignant sur la question du droit des sikhs à l’autodétermination, garanti par la Charte des Nations unies et la Convention internationale sur les droits civils et politiques », ont expliqué les organisateurs dans un communiqué.

Les indépendantistes sikhs militent pour un « Khalistan », ou « pays des purs ». Ils invoquent le fait que « les sikhs sont le peuple autochtone du Pendjab », région frontalière du Pakistan et du Cachemire, disposent d’« une identité religieuse, culturelle et linguistique distincte, et qu’ils ont été réprimés par l’État indien ».

Les manifestants se sont rassemblés à Trafalgar Square, parfois en famille, les hommes portant sur la tête des turbans orange ou bleus. Certains arboraient des t-shirts blancs sur lesquels était inscrit « Je soutiens le Khalistan. Notre peuple, notre terre, notre eau » et d’autres agitaient des drapeaux jaunes avec le mot Khalistan.

« Nous militons pour la liberté du Pendjab », a déclaré à l’AFP Jas Singh, un Londonien de 26 ans, dénonçant l’« oppression indienne » envers les sikhs. Avec l’indépendance, « nous pourrions être autosuffisants et décider de notre propre destin ».

Un peu à l’écart, quelques dizaines de contre-manifestants indiens tentaient de faire le maximum de bruit.

Les appels à organiser ce référendum en 2020 sont relayés par la diaspora sikhe à travers le monde, en particulier aux États-Unis, au Canada et en Europe.

Préoccupation gouvernementale

Le gouvernement indien a fait part aux autorités britanniques de sa préoccupation quant au militantisme sikh. Interrogé par l’AFP, le ministère des Affaires étrangères britannique a confirmé avoir discuté du rassemblement avec la Haute Commission indienne, mais un porte-parole du ministère a souligné l’attachement de Londres à la liberté d’expression. « Les manifestations pacifiques sont une composante vitale d’une société démocratique », a-t-il dit.

Vendredi, quelques centaines de manifestants hindous s’étaient rassemblés devant le haut-commissariat britannique à Delhi pour exiger l’interdiction de la manifestation londonienne.