Fusillade à Fredericton: l’identité des policiers dévoilée

Un suspect est en détention après la fusillade qui a fait au moins quatre morts, dont deux policiers, vendredi matin, à Fredericton.
Photo: Keith Minchin La Presse canadienne Un suspect est en détention après la fusillade qui a fait au moins quatre morts, dont deux policiers, vendredi matin, à Fredericton.

La police de Fredericton a dévoilé l’identité des deux policiers figurant parmi les quatre victimes d’une fusillade survenue vendredi matin dans un quartier résidentiel du nord de la ville du Nouveau-Brunswick.

Selon la chef de police Leanne Fitch, il s’agit de Robb Costello et de Sarah Burns. Les noms des deux autres personnes tuées durant l’incident, un homme et une femme, n’ont pas été divulgués.

Jackie McLean, la conjointe de M. Costello, a indiqué qu’un enquêteur avait informé la famille de l’agent que ce dernier avait perdu la vie dans la fusillade. Elle a révélé que Robb Costello et elle formaient un couple depuis quatre ans, et que le policier avait deux filles d’âge adulte nées d’une précédente relation.

La fusillade a commencé vers 7 h, heure locale, dans un complexe de logements sur Brookeside Drive.

La police de Fredericton a arrêté un suspect qui a été soigné pour des blessures graves.

L’hôpital régional Dr. Everett Chalmers a confirmé qu’il traitait plusieurs blessés, mais n’en a pas précisé le nombre.

Des policiers se sont rassemblés devant le centre hospitalier vendredi après-midi, se consolant les uns les autres pendant la mise en berne des drapeaux canadien et néo-brunswickois.

Du côté du poste de police, bouquets de fleurs et messages de soutien continuaient de s’amonceler devant l’édifice.

Une veillée est déjà prévue vendredi à l’église anglicane St. John the Evangelist.

« Comprenez, s’il-vous-plaît, qu’il s’agit d’un moment difficile pour leurs familles et nos collègues », a déclaré le corps policier, qui faisait déjà état de plusieurs victimes alors que la fusillade était toujours en cours.

Les résidants du voisinage ont été invités à demeurer chez eux et à verrouiller leurs portes jusqu’à la confirmation de l’arrestation d’un suspect vers 9 h 45, heure locale.
 

  

Appuyés de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), les policiers locaux demandent l’aide du public pour reconstituer le fil des événements.

« Il y a beaucoup de personnes qui ont vu des choses, ont entendu des choses, mais on n’avait pas la chance de parler à tout le monde », a exposé l’agent J.-P. MacDougall en mêlée de presse.

David MacCoubrey, dont l’appartement se trouve sur la promenade Brookside, dit avoir été réveillé par le son de trois coups de feu « à 10 mètres de [son] lit ». Il estime avoir ensuite entendu jusqu’à 17 détonations au sein même de son complexe de logements, qui compte quatre immeubles.

Un résidant du même complexe, Tim Morehouse, raconte avoir entendu quelqu’un crier « Tais-toi ! Tais-toi ! », puis avoir aperçu des corps au sol, dans le stationnement arrière du 237 promenade Brookside.

« J’ai entendu d’autres coups de feu et j’ai regardé dehors et il y avait deux agents de police par terre », relate-t-il.

Louise Kennedy, une voisine âgée de 75 ans, tremblait toujours lorsqu’elle a accordé une entrevue à La Presse canadienne. « Les policiers étaient là tantôt et ils voulaient que je parte, mais j’ai dit que je ne pouvais pas laisser mon chien derrière, a-t-elle confié. Je suis morte de peur. »

Travis Hrubeniuk, un résidant âgé de 27 ans, raconte que sa fiancée venait de partir vers le travail lorsque des sirènes ont commencé à se faire entendre. Le jeune homme originaire de Winnipeg dit qu’il n’aurait jamais cru que son quartier résidentiel paisible deviendrait le théâtre d’une telle scène. « C’est la première fois que j’entends parler d’un crime sérieux ou violent dans cette ville », relève-t-il.

Bill Henwood, directeur de la Maison funéraire York, située au coeur du périmètre de sécurité, fait état d’une véritable onde de choc parmi les commerçants locaux. « Ce n’est pas quelque chose qu’on s’attend à entendre à notre réveil à Fredericton. Constater qu’il y a en fait des morts est assez extraordinaire pour ce secteur », a-t-il souligné.

Le périmètre de sécurité est maintenu tandis que « l’enquête se poursuit ».

Cette sanglante matinée survient seulement quatre ans après une autre fusillade qui a marqué la police au fer rouge au Nouveau-Brunswick.

En juin 2014, Doug Larche, Fabrice Gevaudan et Dave Ross, trois sergents de la GRC, étaient tombés sous les balles d’un tireur, à Moncton. Justin Bourque a également blessé les sergents Eric Dubois et Darlene Goguen dans sa traque aux policiers.

Selon Statistique Canada, de 6 à 11 homicides ont été enregistrés annuellement entre 2012 et 2016 au Nouveau-Brunswick.

Les messages de sympathies fusent de partout

La fusillade a suscité des réactions partout au pays. Des politiciens aux services de police des villes canadiennes, ils ont été nombreux à recourir au réseau social Twitter pour offrir leurs condoléances.

« Nous sommes tous bouleversés et attristés de prendre connaissance, ce matin, de l’incident tragique qui se déroule à Fredericton », a écrit le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Brian Gallant.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s’est pour sa part dit « de tout coeur avec ceux qui sont touchés par la fusillade survenue ce matin ».

Après l’annonce de la mort de deux policiers, les messages de sympathies ont fusé de partout.

« Tout le Canada se tient aux côtés des deux courageux policiers de Fredericton qui ont perdu la vie en protégeant leur communauté aujourd’hui », a déclaré le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

Son nouveau collègue chargé de la sécurité frontalière et de la réduction du crime organisé, Bill Blair, s’est exprimé quelques minutes plus tard. « Attristé par le terrible acte de violence ce matin à Fredericton ; je suis la situation de près. J’offre mes sincères condoléances à toutes les victimes, et à la chef Leanne Fitch et â la police de Fredericton sur la mort tragique de deux de leurs policiers au service de leur communauté », a écrit le ministre.

C’est aussi en soulignant la mort des deux policiers que le chef conservateur a offert sa réaction. « Nouvelle choquante et dévastatrice de Fredericton ce matin. Jill et moi prions pour les familles de ces courageux agents et toutes les personnes touchées par la violence de ce matin », a écrit Andrew Scheer.

Puis, les services de police d’un peu partout au pays se sont désolés à leur tour.

« Le SPVM envoie ses plus sincères condoléances à la famille, aux collègues et amis des deux policiers décédés en devoir aujourd’hui à Fredericton. Toutes nos pensées sont avec la police de Fredericton durant ces moments difficiles », a-t-on déclaré sur le fil du Service de police de la Ville de Montréal.

   

La Ville de Moncton s’est inquiétée pour les siens, durement secoués par une tragédie semblable il y a quatre ans. « Les événements de ce matin à Fredericton peuvent réveiller les émotions/réactions ressenties à Moncton en 2014. Cherchez de l’aide, et gardez un oeil sur vos proches », a-t-on conseillé.

Le chef néo-démocrate, lui, avait réagi tôt vendredi matin, avant qu’on apprenne que des policiers figuraient parmi les victimes. « Des nouvelles tragiques arrivent de Fredericton. Mon coeur est avec toutes les personnes touchées par la fusillade et tous les premiers répondants », a écrit Jagmeet Singh.