Un dernier hommage à Paul Gérin-Lajoie

La famille de Paul Gérin-Lajoie a accueilli avec joie les hommages qui lui ont été rendus, autant par des personnalités publiques que de simples citoyens.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La famille de Paul Gérin-Lajoie a accueilli avec joie les hommages qui lui ont été rendus, autant par des personnalités publiques que de simples citoyens.

Dignitaires, citoyens et autres personnalités publiques ont rendu un dernier hommage à l’ancien ministre Paul Gérin-Lajoie, exposé en chapelle ardente à la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde mercredi.

« C’est exactement ce qu’on voulait, parce que papa, c’était un homme du peuple. Papa, c’était un démocrate jusque dans le bout des ongles. Et il avait le tour de parler à tout le monde. Alors, c’était naturel pour nous de permettre à monsieur et madame Tout-le-monde, à tous ceux qui l’ont connu de près ou de loin et qui auraient peut-être été gênés de venir à des funérailles nationales de venir le saluer une dernière fois », a soutenu son fils François Gérin-Lajoie.

Entre les touristes qui visitaient discrètement la cathédrale, un petit flot continu d’endeuillés se faufilait jusqu’au cercueil à l’avant pour porter leurs respects à la famille.

« Le nombre de témoignages qu’on a reçus, c’est ce qui nous touche le plus, affirme, ému, François Gérin-Lajoie. Et tous ces gens sont venus nous dire : “On n’avait pas le choix de venir ici, on lui doit notre carrière, à M. Gérin-Lajoie.” Ça, ça nous touche énormément. »

Le sujet des funérailles n’avait pas été abordé par le principal intéressé, raconte encore son fils. « Papa n’aimait pas discuter de tout ce qui est du côté de la mort. Une fois, je lui ai dit : “Avec tout ce que tu as fait, papa, je pense que tu as de bonnes chances d’avoir des funérailles nationales.” Et sa seule réponse a été de dire : “Quand je serai mort, vous ferez ce que vous voudrez.” Dans le fond, c’est ça, le personnage. Lui, il était vivant et il avait encore plein de choses à faire. »

Devoir de mémoire

Rencontrés sur le pas de l’église, plusieurs citoyens ont évoqué le « devoir de mémoire » envers celui qui a été surnommé le père de l’éducation moderne du Québec.

Le premier ministre Philippe Couillard, accompagné de la ministre de l’Éducation supérieure Hélène David, est venu rendre hommage lui aussi à « ce grand bâtisseur du Québec ».

« Avec Paul Gérin-Lajoie est disparu un des grands fondateurs — et peut-être, si on y pense bien, le principal fondateur — du Québec moderne. Nelson Mandela le disait : l’éducation est l’outil le plus fort pour émanciper les peuples. Le bond prodigieux qu’a fait le Québec vers la modernité est en grande partie lié à l’accès large à l’éducation publique au Québec. »

L’écrivain Dany Laferrière a lui aussi salué le travail de celui qui, en plus de ce qu’il a fait pour le Québec, a su aider les gens partout dans le monde, notamment en Haïti. « Pour des insulaires, c’est toujours un double enfermement que celui d’être sur une île au milieu de l’océan et en même temps de ne pas savoir lire. Paul Gérin-Lajoie a permis d’ouvrir une fenêtre et de faire de ces gens-là les premiers émigrants, ceux qui, sans voyager, ont pu aller partout parce qu’ils ont appris à lire. Ils ont immigré dans tous les pays, dans tous les récits. Des gens comme Paul Gérin-Lajoie, ça n’a pas de prix. »

Les funérailles nationales seront célébrées ce jeudi, à 11h, à la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde. L’archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, présidera la cérémonie.