Des méthodes du SPVM à revoir, dit Valérie Plante

La police a remis un billet d’autobus à Mina Iquasiak Aculiak, 48 ans, lorsqu’elle a été relâchée, au lieu de la ramener à l’hôpital, même si elle avait un cathéter dans le bras, a rapporté «La Presse».
Photo: SPVM via La Presse canadienne La police a remis un billet d’autobus à Mina Iquasiak Aculiak, 48 ans, lorsqu’elle a été relâchée, au lieu de la ramener à l’hôpital, même si elle avait un cathéter dans le bras, a rapporté «La Presse».

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, critique la manière dont une Inuite qui est hospitalisée à Montréal a été relâchée d’un poste de police. Mina Iquasiak Aculiak, 48 ans, a été relâchée avec seulement un billet d’autobus en main.

Mme Aculiak s’est enfuie de l’institut de réadaptation Gingras-Lindsay de l’arrondissement de Côte-des-Neiges vendredi dernier, où elle séjournait depuis le printemps dernier. Elle a été retrouvée ivre sur la voie publique par la police, puis a été placée en cellule de dégrisement au Centre opérationnel Ouest, situé sur le boulevard Thimens, car l’hôpital « ne voulait pas l’avoir dû au fait qu’elle était intoxiquée et violente », indique André Durocher, inspecteur à la division des communications au SPVM.

La police lui a remis un billet d’autobus lorsqu’elle a été relâchée, au lieu de la ramener à l’hôpital, même si elle avait un cathéter dans le bras, a rapporté La Presse. Or la police réfute le fait que la dame portait un cathéter. « Rien ne nous indique pour le moment que c’était le cas », précise l’inspecteur Durocher, qui dit que le SPVM « vérifie certains faits » au sujet de cette histoire.

Il explique aussi que la police n’avait pas l’obligation de raccompagner la femme à l’hôpital une fois celle-ci dégrisée. « Elle y était de son plein gré. On ramène seulement les gens à l’hôpital lorsqu’ils y sont hospitalisés », dit-il.

Pourtant, Mme Aculiak se remettait d’une opération. Elle a subi plusieurs blessures après avoir été frappée par un véhicule de police dans son village d’Umiujaq, dans le Grand Nord. L’incident fait présentement l’objet d’une enquête par le Bureau des enquêtes indépendantes du Québec.

Personne vulnérable

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a affirmé jeudi que la police devrait profiter de cet incident pour revoir ses procédures lorsqu’elle relâche des détenus. Elle a déclaré qu’une personne se trouvant dans une situation vulnérable ne devrait pas se trouver dans une situation encore plus vulnérable.

D’autant plus que Mme Aculiak ne parle ni anglais ni français, qu’elle souffre de problèmes de santé mentale et prend plusieurs médicaments.

Le ministère des Affaires autochtones du Québec n’a pas voulu commenter le cas de Mme Aculiak, quant à savoir si elle aurait dû être raccompagnée à l’hôpital après avoir été détenue, vu son état de santé, puisque la police mène présentement une enquête.

L’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées refuse aussi de commenter cette histoire pour les mêmes raisons. On dit toutefois être « heureux que Mme Aculiak ait été retrouvée ».

Pour le moment, Mme Aculiak a été envoyée à un autre hôpital de la région de Montréal pour y subir une évaluation de son état de santé.