Ontario: un incendie menace la Transcanadienne

Les autorités, qui surveillent la situation de près, n’excluent pas de devoir fermer l’artère dans les prochains jours si l’incendie continue de se propager et que sa fumée devient trop dense, au point de considérablement diminuer la visibilité des automobilistes.
Photo: Ministère des Richesses naturelles et des Forêts Les autorités, qui surveillent la situation de près, n’excluent pas de devoir fermer l’artère dans les prochains jours si l’incendie continue de se propager et que sa fumée devient trop dense, au point de considérablement diminuer la visibilité des automobilistes.

Les feux de forêt continuent de faire des ravages en Ontario, où des milliers d’hectares ont déjà été réduits en cendre depuis le début du mois. Dans le nord-est de la province, les autorités craignent que les flammes n’atteignent désormais la route Transcanadienne, la principale artère reliant Toronto et Sudbury.

« L’incendie a déjà traversé une série de voies ferrées et il est maintenant à moins de 6 km de l’autoroute 69. Ça reste encore loin, mais la fumée se dirige dangereusement vers la route », s’inquiète la porte-parole du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de la province, Isabelle Chenard.

Les autorités, qui surveillent la situation de près, n’excluent pas de devoir fermer l’artère dans les prochains jours si l’incendie, surnommé le Parry Sound 33, continue de se propager et que sa fumée devient trop dense, au point de considérablement diminuer la visibilité des automobilistes.

Considéré comme l’un des plus importants incendies de la province, le Parry Sound 33 flambe depuis plus de 10 jours dans les régions de Killarney et du parc provincial de la Rivière-des-Français, dont l’accès a été interdit aux visiteurs. Selon un dernier bilan, l’incendie a déjà consumé 8973 hectares et continue de se propager vers le nord-ouest.

« Le problème, c’est que les vents sont vraiment plus forts dans cette région que dans les autres secteurs, parce que c’est en plein dans la baie géorgienne. On voit parfois des rafales à 30 km/h et ça ajoute un défi aux ressources aériennes envoyées sur le terrain pour larguer de l’eau sur le feu », indique Mme Chenard.

Dès le début de l’incendie, la région de Key Harbour a été évacuée, ainsi que certains endroits de la municipalité de Killarney. Des ordres d’évacuation ont également été publiés pour les secteurs des rivières Key et Pickerel. Plus au sud, le parc provincial Grundy Lake a aussi été fermé par mesure de précaution.

En Ontario, 37 feux étaient encore actifs dans le nord-est du territoire lundi, dont 12 n’étaient toujours pas maîtrisés en fin d’après-midi. Au nord-ouest, on comptait encore jusqu’à 104 incendies, dont 31 non maîtrisés, selon les derniers chiffres du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de la province.

Du renfort
La situation, qui est devenue très vite préoccupante, a poussé les autorités à demander de l’aide des autres provinces du Canada, par l’entremise du Centre interservices des feux de forêt du Canada. Le rôle de celui-ci est de partager les ressources disponibles à travers le pays lorsqu’une province peine à elle seule à éteindre les brasiers. Ainsi, plus de 600 pompiers des quatre coins du Canada, mais également du Mexique et des États-Unis, sont venus prêter main-forte aux quelque 500 pompiers forestiers ontariens ces derniers jours. L’un d’entre eux, venu de l’Alberta, a perdu la vie jeudi dernier. Jerry Gadwa faisait partie de la Première Nation crie de Kehewin. Il avait été envoyé pour combattre les flammes près de Red Lake, dans le nord-ouest de l’Ontario, à la frontière avec le Manitoba.

Province voisine, le Québec n’a toutefois pu venir en aide pour le moment à l’Ontario. « On avait peu de disponibilités au Québec, nos pompiers sont déjà très occupés cette saison, notamment avec deux importants feux qui se sont déclarés en juillet à Labrieville sur la Côte-Nord, et dans le secteur de Lebel-sur-Quévillon », indique Émilie Bégin, porte-parole de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) du Québec.

Les deux incendies dans le nord de la province sont à l’heure actuelle encore actifs mais maîtrisés par les sapeurs-pompiers. Ils risquent néanmoins de « demander encore beaucoup de travail dans les prochains jours, voire semaines », selon Mme Bégin.

Depuis le début de la saison, 888 incendies de forêt se sont déclarés en Ontario, brûlant 214 674 hectares, comparativement à une moyenne annuelle de 517 feux au cours des 10 dernières années, selon le ministère. « C’est certainement une année très occupée, mais il faut dire que l’été est très chaud et très sec, et on a vu la foudre frapper le territoire de nombreuses fois depuis juillet surtout. C’est la principale cause de ces incendies », note Isabelle Chenard.

Les incendies font au moins sept morts en Californie

Redding —Les gigantesques incendies en Californie ont déjà fait au moins sept morts depuis jeudi alors que 12 000 pompiers s’employaient toujours lundi à lutter contre les différents brasiers qui, alimentés par la sécheresse, ont déjà dévoré des milliers d’hectares. « J’ai habité ici toute ma vie et je n’y ai jamais vu un feu qui sème une telle destruction », a déclaré lors d’une conférence de presse Leonard Moty, un responsable du comté de Shasta, dans le nord de l’État, où sévit depuis le 23 juillet Carr, le principal incendie. Depuis jeudi, six personnes ont péri dans ce feu et sept autres sont portées disparues, ont indiqué les autorités. Par ailleurs, un pompier qui combattait l’incendie Ferguson, près du parc national de Yosemite, est mort dimanche.