Moins d'accusations d’agressions sexuelles ont été jugées non fondées en 2017

En 2017, le mouvement #MoiAussi a également attiré l’attention sur la prévalence des agressions sexuelles à travers le monde.
Photo: Claude Paris Archives Associated Press En 2017, le mouvement #MoiAussi a également attiré l’attention sur la prévalence des agressions sexuelles à travers le monde.

La proportion d’agressions sexuelles classées comme « non fondées » par la police a diminué en 2017, rapporte Statistique Canada en rendant publiques lundi de récentes données.

Par ailleurs, plus d’agressions sexuelles ont été rapportées à la police l’an dernier, alors que ce crime est habituellement l’un des moins dénoncés. Ainsi, 28 551 agressions sexuelles (incluant les affaires fondées et non fondées) ont été signalées à la police au pays, soit 8 % de plus qu’en 2016.

Ces deux données statistiques pourraient indiquer que certains changements s’amorcent, notamment dans la foulée des dénonciations du mouvement #MeToo (#MoiAussi).

Le quotidien Globe and Mail avait aussi enquêté l’an dernier sur les agressions sexuelles jugées « non fondées » par la police, ce qui avait amené des forces policières au pays à revoir ses évaluations de ce type de causes criminelles.

Pour qu’une affaire criminelle soit jugée non fondée, il doit avoir été établi après l’enquête policière que l’infraction signalée ne s’est pas produite, rappelle Statistique Canada dans son analyse.

En 2017, 14 % des agressions sexuelles signalées à la police (soit 3900 cas) ont été classées comme non fondées.

Il s’agit donc d’une baisse par rapport à la proportion de 19 % d’affaires jugées non fondées en 2016 — ce qui représentait près d’une affaire sur cinq.

Quant à la hausse du nombre d’agressions sexuelles signalées à la police en 2017, elle peut s’expliquer en partie par une sensibilisation accrue de la société aux diverses formes d’inconduite sexuelle, y compris l’agression sexuelle, est-il écrit dans la note d’analyse. En 2017, les reportages et les campagnes dans les médias sociaux, comme les mouvements #MoiAussi et #EtMaintenant, ont davantage attiré l’attention sur la prévalence des agressions sexuelles et ont permis d’exiger une responsabilisation des auteurs présumés. Il se peut que l’attention publique ait amené un plus grand nombre de victimes d’agression sexuelle à signaler leur victimisation à la police, explique-t-on.