Le pape exige des actions contre les naufrages en Méditerranée

Des migrants secourus observent les côtes siciliennes à bord de l’«Aquarius», affrété par l’association SOS Méditerranée, le 10 mai.
Photo: Louisa Gouliamaki Agence France-Presse Des migrants secourus observent les côtes siciliennes à bord de l’«Aquarius», affrété par l’association SOS Méditerranée, le 10 mai.

Le pape François a appelé la communauté internationale dimanche à agir « avec décision et rapidité » pour éviter de nouveaux naufrages de migrants en Méditerranée et pour garantir « le respect des droits et la dignité de tous ».

« Nous avons reçu ces dernières semaines les informations dramatiques sur les naufrages d’embarcations chargées de migrants dans les eaux méditerranéennes », a déclaré le pape argentin devant 25 000 fidèles — selon les autorités vaticanes — réunis sur la place Saint-Pierre pour la prière de l’angélus.

« J’exprime ma douleur face à de telles tragédies et j’assure les disparus et leurs proches de mes pensées et de ma prière », a-t-il ajouté.

« J’adresse un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle agisse avec décision et rapidité pour éviter que de telles tragédies ne se répètent, et pour garantir la sécurité, le respect des droits et la dignité de tous », a en outre insisté le pape.

Alors que Tripoli a pris la responsabilité des secours au large de la Libye et que les autorités italiennes et maltaises ont fortement limité les possibilités d’action des ONG, le mois de juin a été le plus meurtrier de ces dernières années dans cette zone : 564 victimes recensées par l’Organisation internationale pour les migrations, même si les départs sont en chute libre.

La conférence des évêques d’Italie a diffusé la semaine dernière un communiqué au vitriol après qu’une ONG espagnole a retrouvé sur les restes d’un canot une rescapée et deux cadavres apparemment oubliés par les garde-côtes libyens.

« Nous n’avons pas la prétention d’offrir des solutions bon marché. Mais […] nous prévenons sans équivoque que pour sauver notre humanité de la vulgarité et de la barbarie, nous devons protéger la vie. Chaque vie. À partir des plus exposées, humiliées et piétinées », ont écrit les évêques.

Le mois de juillet est pour le pape une période de vacances : toutes les messes, audiences et apparitions publiques sont suspendues, à l’exception de l’angélus du dimanche. À cette occasion, l’avis du pape était très attendu sur la situation au Nicaragua, où le dialogue entre le gouvernement et l’opposition ne tient plus qu’à un fil après la charge du président Daniel Ortega contre les évêques médiateurs. Mais il n’en a pas dit un mot.