Le Québec se rapproche de l’équité salariale

On constate que l’écart salarial s’est réduit dans presque tous les groupes d’âge.
Photo: iStock On constate que l’écart salarial s’est réduit dans presque tous les groupes d’âge.

L’écart salarial entre les hommes et les femmes s’est considérablement rétréci au Québec en l’espace de vingt ans, et les progrès observés chez les travailleurs plus jeunes sont encourageants pour l’avenir, révèle un rapport dévoilé mercredi par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Pour mesurer l’évolution de la rémunération horaire au Québec, l’ISQ a comparé les salaires des Québécois et des Québécoises entre 1998 et 2016. En près de vingt ans, le salaire horaire des hommes et des femmes a augmenté de la même façon (environ 9 $), de sorte que les travailleurs québécois gagnent aujourd’hui en moyenne 25,67 $ l’heure, comparativement à 22,74 $ pour les travailleuses.

0,89 $
Argent gagné en moyenne par les femmes en 2016 pour chaque dollar gagné par un homme

Le gain en dollars a donc été le même pour les hommes et les femmes, mais le ratio de rémunération horaire des femmes par rapport aux hommes a augmenté d’environ 5 points, passant de 83,5 % à 88,6 %. Cela signifie que pour chaque dollar gagné par un homme en 2016, une femme gagnait 0,89 $, comparativement à 0,84 $ en 1998.

En y regardant de plus près, on constate que l’écart salarial s’est réduit dans presque tous les groupes d’âge. La situation des travailleuses s’est toutefois grandement améliorée parmi les 25-34 ans : en 1998, les femmes de cet âge gagnaient 89,9 % du salaire des hommes, alors qu’en 2016, elles se sont plus que jamais rapprochées de l’égalité (94,8 %).


« Une analyse de la position salariale indique que celle-ci a augmenté chez les femmes de ce groupe d’âge, alors qu’elle est restée stable chez les hommes du même groupe d’âge », souligne l’ISQ.

Des améliorations notables ont été constatées dans les domaines de la vente et des services ou de la fabrication, tandis que la situation s’est détériorée dans celui des métiers, du transport et de la machinerie.


Le Québec se compare avantageusement aux autres provinces canadiennes analysées par l’ISQ, avec un ratio de rémunération femmes/hommes supérieur à celui de l’Alberta (81,6 %), de la Colombie-Britannique (83,6 %) et de l’Ontario (87,4 %). Dans ce dernier cas, la différence n’est cependant pas statistiquement significative.

Ces ratios ont augmenté de manière notable entre 1998 et 2016 dans toutes les provinces analysées, sauf en Colombie-Britannique.

 
1 commentaire
  • Raymond Labelle - Abonné 19 juillet 2018 14 h 55

    Attribution de la différence - partagen entre 1) traitement inégal pour mêmes métiers et qualifications 2) femmes feraient métiers moins payants.

    Bon, c'est le gros chiffre. Pas l'espace pour l'article, mais de l'analyse plus fine serait intéressante.

    Plus précisément, il serait intéressant d'avoir des comparaisons quant à des hommes et des femmes qui exercent le même métier depuis un temps semblable et qui ont une éducation comparable. En d'autres termes, qu'est-ce qui, dans l'inégalité serait attribuable peut-être au fait qu'à conditions égales d'emploi les hommes seraient plus payés, et qu'est-ce qui serait attribuable au fait que les femmes font des métiers moins payants? On pourrait aussi arguer que les métiers davantage pratiqués par les femmes seraient moins payants justement parce qu'ils sont davantage exercés par des femmes - il faudrait voir.

    Quoiqu'il en soit, il serait intéressant d'avoir une comparaison entre la rémunération des hommes et des femmes qui ont des conditions semblables d'emploi (même métier, même expérience, même éducation, ou du même ordre dans les trois champs).