Héma-Québec en grève mardi

La journée de grève prévue mardi ne devrait pas nuire aux services d’approvisionnement en produits sanguins.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La journée de grève prévue mardi ne devrait pas nuire aux services d’approvisionnement en produits sanguins.

Les employés d’Héma-Québec à Montréal seront en grève toute la journée mardi. Sans convention collective depuis avril 2015, ils souhaitent ainsi dénoncer l’intention de leur employeur d’instaurer, de manière unilatérale, une structure salariale qui lui est propre, plutôt que de se coller à la réalité financière du reste de la fonction publique.

« Héma-Québec semble convaincue que nos emplois n’ont rien à voir avec le secteur public, lance Sophie Larouche, porte-parole des syndicats d’Héma-Québec à Montréal, affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui représente un peu plus de 310 personnes. Pourtant, il s’agit d’une organisation financée par l’État. »

Interrogée sur ses motivations, Héma-Québec assure pourtant qu’en agissant ainsi, elle vise à mieux prendre en compte les spécificités des emplois qui se trouvent sous son giron. « L’intérêt d’avoir notre propre structure salariale est de représenter la réalité héma-québécoise, explique Luc Lévesque, vice-président aux produits sanguins labiles. Certains postes que l’on retrouve au sein d’Héma-Québec n’ont pas nécessairement d’équivalent dans le reste du réseau public. Ou s’ils en ont un, le travail quotidien n’est pas nécessairement le même. »

Structure unique

En se dotant d’une structure salariale qui lui est propre, Héma-Québec devra toutefois procéder à un exercice de relativité salariale (voir encadré). Complexe, ce processus exige généralement une analyse de plusieurs mois, ce qui fait craindre à la partie syndicale un nouveau report de la signature du contrat de travail. « L’objectif n’est pas de reporter l’entente, assure toutefois Luc Lévesque. Nous avons l’intention d’amorcer les démarches rapidement, notre but étant d’avoir terminé notre exercice pour avril 2019. »

Surtout, les syndicats craignent que ces négociations se fassent derrière des portes closes. « Si on ne peut pas avoir la même chose que le reste de la fonction publique, on aimerait au moins que l’employeur soit transparent dans ce processus de relativité salariale », indique Sophie Larouche.

« On ne négociera pas sur la place publique, rétorque M. Lévesque. Pour le moment, ce qu’on peut dire, c’est qu’ils auront un rôle de partenaire autour de la table. Le reste des détails sera déterminé lors de nos futures discussions. »

Service essentiel

La journée de grève prévue mardi ne devrait pas nuire aux services d’approvisionnement en produits sanguins, notamment parce que l’organisation est incluse dans la loi assurant le maintien des services essentiels. Entre 80 % et 90 % des employés montréalais d’Héma-Québec devront donc tout de même se présenter au travail, et ce, malgré le mandat de grève octroyé aux syndicats de la CSN en avril dernier.

Relativité salariale 101

Utilisée pour assurer une forme d’équité salariale entre les différents corps de métier des réseaux publics de la santé et de l’éducation, la relativité salariale est un exercice complexe. Entrepris par le Conseil du trésor et les syndicats au cours des dernières années, il vise à redresser (ou à abaisser) les salaires des employés de la fonction publique en les comparant les uns avec les autres. L’objectif est aussi d’uniformiser les échelles salariales existantes. Pour y arriver, on a catégorisé tous les types d’emplois du secteur public, pour ensuite mettre sur pied une grille comprenant 28 niveaux différents. C’est à partir de cette dernière qu’on a effectué les comparaisons. Plus simplement, ces savants calculs devraient permettre un redressement salarial de 2,3 %, en moyenne, pour près de 95 % des 460 000 employés concernés. Le tout devrait être appliqué à compter d’avril 2019.