La Couronne s’oppose à la libération de Tony Accurso

Tony Accurso est prêt à déposer une caution de 50 000 $ pour sa libération.
Photo: Catherine Legault Le Devoir Tony Accurso est prêt à déposer une caution de 50 000 $ pour sa libération.

La Couronne s’est opposée, mardi, à la libération conditionnelle de Tony Accurso en attendant que l’appel de son verdict et de sa sentence soit entendu.

Incarcéré depuis la semaine dernière, l’ex-entrepreneur reconnu coupable d’avoir participé au système de partage de contrats à Laval souhaite être libéré pour être en mesure de poursuivre ses activités quotidiennes auprès de sa famille.

La Couronne croit que Tony Accurso devrait demeurer en prison, car sa libération serait de nature à miner la confiance du public à l’égard du système de justice, a indiqué la procureure de la Couronne, Me Magalie Cimon, devant la Cour d’appel du Québec mardi. Elle a souligné que le crime pour lequel il avait été reconnu coupable avait perduré pendant 14 ans, une longue période pendant laquelle « il était en pleine possession de ses moyens ».

L’avocat de Tony Accurso, Me Marc Labelle, a pour sa part fait valoir que son client avait quitté le domaine de la construction et qu’il n’était plus propriétaire des entreprises « litigieuses ». Le crime qui lui est reproché est de nature économique et remonte à 2010, a-t-il plaidé. De plus, a-t-il dit, Tony Accurso ne présente pas de risque de fuite.

Tony Accurso est prêt à déposer une caution de 50 000 $ pour sa libération. Deux autres personnes ont aussi offert de contribuer à une caution, soit son fils Jimmy Accurso, disposé à fournir 75 000 $, et un ami, Mario Boyer, ancien président des restaurants et bars de M. Accurso, qui est prêt à s’engager pour 25 000 $.

Dans sa requête pour sa libération conditionnelle déposée la semaine dernière, M. Accurso précisait être père de quatre enfants et grand-papa de deux petits-enfants.

Rappelons que l’ancien dirigeant des firmes Louisbourg et Simard-Beaudry a été reconnu coupable le 25 juin, au terme d’un procès devant jury, de complot pour corruption, de complot pour fraude, de fraude de plus de 5000 $, de corruption d’un fonctionnaire et d’aide à commettre un abus de confiance. La semaine dernière, il a été condamné à quatre ans d’incarcération.

La juge Manon Savard a pris le dossier en délibéré et a promis de rendre une décision dans les « meilleurs délais ».