Juste pour rire dévoile sa nouvelle politique contre le harcèlement

La nouvelle politique, entrée en vigueur lundi, s’applique à tous les employés de Juste pour rire, volets francophone et anglophone.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir La nouvelle politique, entrée en vigueur lundi, s’applique à tous les employés de Juste pour rire, volets francophone et anglophone.

À deux jours du début des activités du festival Juste pour rire à Montréal, l’entreprise a dévoilé lundi sa nouvelle politique contre le harcèlement pour les employés et est revenue sur le scandale d’inconduite sexuelle concernant le fondateur Gilbert Rozon.

La nouvelle politique, entrée en vigueur lundi, s’applique à tous les employés de Juste pour rire, volets francophone et anglophone. Elle est plus simple et plus facile à comprendre que la précédente, qui était longue et complexe, a affirmé l’entreprise.

Elle inclura la formation d’un nouveau comité de quatre employés pour gérer les plaintes de harcèlement. Le comité sera composé de trois femmes qui se trouvent dans des postes de direction et d’un homme qui est le directeur des ressources humaines.

« Ce qu’il est important de souligner, c’est qu’une plainte peut être soumise à n’importe quel membre du comité », a indiqué Patricia Brissette, secrétaire générale pour Juste pour rire, dans une entrevue téléphonique, lundi.

Formations à venir


Les membres du comité recevront une formation sur la manière de gérer une plainte d’un employé au début de la semaine prochaine, a-t-elle ajouté.

Tous les employés de Juste pour rire doivent adhérer à la nouvelle politique, et recevront une formation sur la prévention du harcèlement avant la fin de la semaine prochaine.

Par communiqué, l’entreprise restructurée a dit soutenir les personnes qui se sont manifestées « courageusement », et a déclaré que tout type de harcèlement est « inacceptable et n’a pas sa place dans notre entreprise, notre industrie et dans la société en général ».

L’entreprise se dit engagée à offrir un environnement de travail sain et respectueux pour tous les employés, artistes et partenaires d’affaires.

Affaire Rozon
L’automne dernier, plusieurs femmes ont accusé Gilbert Rozon, qui était un actionnaire majoritaire, d’agression sexuelle et de harcèlement.

Gilbert Rozon s’est retiré à titre de président en octobre et a vendu ses actions dans l’entreprise Juste pour rire en réponse aux allégations, qu’il réfute et qui n’ont pas passé l’épreuve des tribunaux à ce jour.

En mars, l’entreprise montréalaise a été vendue à un groupe d’investisseurs dirigé par le comédien canadien Howie Mandel. Et le mois dernier, le directeur de l’exploitation Bruce Hills a été désigné président.

L’humoriste torontoise D.J. Mausner avait révélé récemment dans un article de Vice qu’elle refusait de participer au festival Juste pour rire cette année, déplorant des actions insuffisantes en réponse au scandale.

Dans une entrevue subséquente avec La Presse canadienne, D.J. Mausner a dit avoir refusé une prestation rémunérée et enregistrée au festival — obtenue en juillet dernier grâce au concours « Homegrown Comics » de Juste pour rire — après avoir appris les détails des allégations contre Gilbert Rozon remontant aux années 1980.