La police américaine accusée d’être entrée en eaux canadiennes

<p>L’incident s’est déroulé le 24 juin au large de l’île Machias Seal, dont la souveraineté canadienne est contestée par Washington.</p>
Photo: Andrew Vaughan La Presse canadienne

L’incident s’est déroulé le 24 juin au large de l’île Machias Seal, dont la souveraineté canadienne est contestée par Washington.

Des pêcheurs canadiens accusent la police aux frontières américaine, à la recherche « d’immigrés illégaux », d’avoir essayé de les arraisonner au large de la Nouvelle-Écosse alors que leurs navires se trouvaient en eaux canadiennes, ce qu’Ottawa cherchait à éclaircir mercredi.

Une patrouille nautique de « la police américaine aux frontières a essayé d’arrêter » un navire de pêche canadien alors qu’il se trouvait dans le golfe du Maine, a indiqué sur Facebook Laurence Cook, présidente de l’association de pêcheurs de Grand Manan.

Cette île canadienne se situe sur la côte est nord-américaine, au large du golfe du Maine, entre l’État américain éponyme et les provinces du Nouveau-Brunswick et de Nouvelle-Écosse.

L’incident s’est déroulé le 24 juin, précisément à une vingtaine de kilomètres plus au sud, au large de l’île Machias Seal dont la souveraineté canadienne est contestée par Washington, qui lorgne des zones de pêche riches en homards.

Face aux injonctions des policiers américains, le patron du chalutier canadien « les a informés que son navire canadien pêchait légalement dans des eaux canadiennes », a raconté Mme Cook en relatant cet incident.

Ce à quoi les agents américains ont « prétendu être à la recherche d’immigrés illégaux », a raconté la présidente de l’association locale de pêcheurs. « Ils étaient dans des eaux souveraines [canadiennes], et ils le savaient », a-t-elle insisté.

Enquête ouverte

Le ministère canadien des Affaires étrangères a indiqué mercredi à l’AFP qu’une enquête avait été ouverte.

« La souveraineté du Canada sur l’île Machias Seal et les eaux avoisinantes est ancienne et repose sur des bases solides de droit international », a déclaré un porte-parole de la diplomatie canadienne, John Babcock, indiquant qu’Ottawa était en train de contacter les agences américaines impliquées dans cet incident.

Sous l’impulsion du président Donald Trump, les États-Unis appliquent une politique de « tolérance zéro » contre l’immigration clandestine, qui a notamment mené à la controversée séparation d’enfants et de parents migrants appréhendés à la frontière avec le Mexique.

Mais même au nord, notamment en Nouvelle-Angleterre, les contrôles ont été renforcés près de la frontière avec le Canada. L’association de défense des droits civiques ACLU a indiqué à l’AFP avoir constaté ces derniers temps une augmentation des points de contrôles improvisés sur les autoroutes menant au Canada par la police américaine aux frontières.

L’ACLU affirme que ces contrôles sont contraires à la loi, et un juge a début mai tranché en faveur de l’association pour des filtrages réalisés dans l’État américain du New Hampshire l’été dernier.

Concrètement, les statistiques démontrent que les migrants cherchent davantage à quitter les États-Unis pour le Canada que l’inverse.